
Les autorités impliquées dans l’effondrement sur deux sites d’orpaillage ont été limogées. Mais, les deux chefs de l’exécutif régional de Kayes et Koulikoro sont épargnés. Pourtant, ces drames, parmi les plus graves de l’histoire minière du pays, ont poussé le gouvernement à agir avec fermeté…
Lors du Conseil des ministres du 5 mars 2025, tous les responsables, civils et militaires, directement impliqués dans la gestion de ces incidents ont été limogés.
Parmi les agents sanctionnés, figurent des préfets, sous-préfets, responsables des forces de sécurité, ainsi que des services locaux des eaux et forêts, de l’assainissement et de la géologie. Les permis d’exploitation artisanale détenus par des étrangers sont suspendus, et le conseil municipal de Dabia dissout.
En parallèle, le gouvernement promet une relecture urgente des textes juridiques “pour encadrer l’orpaillage, mettre fin à la transaction dans le domaine environnemental et faciliter la récupération des équipements illégaux.” Les équipements saisis seront intégrés au patrimoine de l’État, une mesure symbolique pour dissuader les exploitants clandestins. Le Premier ministre avait promis des sanctions “sans complaisance” après le drame de Bilalikoto. “C’est un drame de trop. Le gouvernement assume ses responsabilités”, avait-il déclaré, annonçant la couleur dès février.
Cependant, l’absence de mesures contre les gouverneurs des régions de Kayes et de Koulikoro soulève des interrogations sur l’équité et la cohérence des décisions prises. Une question demeure : pourquoi le Gouvernement n’a-t-il pas étendu ces sanctions aux gouverneurs des régions de Kayes et de Koulikoro ?
Ces hauts responsables supervisent directement les fonctionnaires sanctionnés et reçoivent inévitablement des comptes rendus réguliers sur la situation dans ces sites d’orpaillage. Leur responsabilité administrative et politique dans ces drames est donc indéniable.
Ne pas les sanctionner soulève une véritable question d’équité et d’impartialité dans la prise de décisions. Cette omission pourrait être perçue comme une justice à deux vitesses, épargnant certains cadres, alors que d’autres sont désignés comme seuls coupables.
Diamberé Séga
Source : Sud-Hebdo
