
Le Conseil des ministres, réuni ce mercredi 1er avril 2026, a franchi une étape historique pour le rayonnement culturel du Mali. Sous l’impulsion du ministre Mamou Daffé, un projet d’ordonnance a été adopté pour refondre en profondeur le régime de la propriété littéraire et artistique, datant de 2017. Objectif : adapter la protection des créateurs aux réalités technologiques du XXIe siècle…
C’est un texte que les acteurs de la culture attendaient avec impatience.
Si la loi de 2017 avait posé les jalons d’une protection moderne, le paysage numérique de 2026 n’a plus rien à voir avec celui d’il y a dix ans. Entre l’explosion du streaming et l’irruption massive de l’intelligence artificielle (IA), le cadre juridique malien nécessitait une mise à jour urgente.
L’intelligence artificielle, le nouveau défi
Le point le plus novateur de cette réforme réside dans la prise en compte de l’IA. Désormais, le Mali ne se contente plus de protéger les œuvres « classiques ». Le nouveau texte encadre les processus de création où l’algorithme devient un collaborateur ou un outil de génération.
«Il s’agit de protéger l’humain derrière la machine, tout en s’assurant que nos richesses culturelles ne soient pas pillées par des systèmes automatisés sans contrepartie pour nos artistes », explique-t-on dans l’entourage du ministère de la Culture.
La réforme répond également à un impératif de conformité. Le Mali aligne ainsi ses textes sur les standards communautaires (UEMOA, OAPI) et les traités internationaux. Cette harmonisation est cruciale pour permettre aux artistes maliens de percevoir leurs droits à l’étranger, notamment sur les plateformes globales de diffusion.
Double enjeu
Pour le gouvernement, l’enjeu est double, car il s’agit, tout d’abord, de garantir que la transition numérique ne se traduise pas par une perte de gains pour les auteurs.
Mais aussi et surtout de faire du Mali un terrain fertile pour les industries culturelles et créatives (ICC), transformant le talent en un véritable levier de croissance économique.
Un secteur en pleine mutation
Cette ordonnance s’inscrit dans la vision portée par le ministre Mamou Daffé : celle d’une culture malienne qui ne soit pas seulement un héritage, mais une économie dynamique.
En comblant les lacunes juridiques constatées depuis 2017, les autorités espèrent redonner confiance aux investisseurs du secteur culturel.
À l’heure où la musique malienne continue de conquérir le monde, ce nouveau bouclier législatif tombe à point nommé. Il reste désormais à mettre en place les mécanismes de suivi pour que cette « réforme à l’air du temps » se traduise par des revenus concrets dans la poche des créateurs.
Par Abdoulaye OUATTARAE
EchosMedias
