Le vendredi 3 avril 2026, l’École de Maintien de la Paix Alioune Blondin Beye a vibré au rythme d’un dialogue inédit. La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) y a tenu son forum national sur les sources endogènes des droits humains. L’enjeu : prouver que la protection de la femme n’est pas un «produit importé», mais un héritage ancestral malien…


«La protection des droits des femmes est enracinée dans nos valeurs.» C’est par ce message fort que la Présidente par intérim de la CNDH, Mme Aïssata Founé Timbale, a lancé les travaux. Devant un parterre de personnalités, dont le Colonel Oumou Diarra, représentante du ministre de la Promotion de la Femme, et l’Ambassadeur du Royaume-Uni, Angus Mckee, l’institution a affiché une ambition claire : réconcilier le citoyen malien avec ses propres textes fondateurs.


Kurukan Fuga et Tombouctou : les preuves par l’écrit


Loin des théories abstraites, la CNDH s’appuie sur des recherches documentaires solides. Les enseignements de la Charte de Kurukan Fuga ou les précieux manuscrits de Tombouctou démontrent que la dignité féminine et l’équité sociale étaient déjà au cœur de l’organisation de l’Empire du Mali.

Cette vision novatrice, dont l’ancien Président de la CNDH, Aguibou Bouaré, fut l’un des artisans majeurs, vise une «appropriation citoyenne». En puisant dans ce savoir séculaire, les droits actuels ne sont plus perçus comme des injonctions extérieures, mais comme la continuité logique d’une justice sociale malienne.

Le leadership traditionnel comme boussole

Le forum a placé le leadership féminin historique au centre des débats. Pour les participants, repenser les politiques publiques à l’aune des traditions permet de proposer des solutions proches des réalités communautaires.


Le Colonel Oumou Diarra, représentant le ministre de la Promotion de la Femme a d’ailleurs rappelé l’engagement du gouvernement : « Le respect des droits des femmes est le pilier d’une société juste ». Selon elle, pour ce faire, le ministère a élaboré une stratégie nationale de proximité, inclusive et participative, afin que la transformation des droits s’opère au cœur même des cellules socioculturelles.


Un appel pour une stabilité durable


Pour la Présidente par Intérim de la CNDH,, ce retour aux sources est une condition sine qua non de la paix. Elle a appellé les partenaires techniques et financiers à soutenir, désormais une sensibilisation de masse. L’objectif est d’ancrer ces valeurs locales de respect et de dignité auprès des jeunes et des leaders communautaires.


Aissetou Cissé

EchosMedias

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