Le Mali traverse une période critique, et ce n’est un secret pour personne. La pénurie de carburant a mis à genoux des secteurs entiers de la société. Mais ce qui est encore plus douloureux que la rareté du produit, c’est l’indécence et la cruauté de certains de nos compatriotes, civils comme militaires qui profitent de cette crise pour s’enrichir sur le dos d’un peuple déjà épuisé…


Ce ne sont pas ceux qui prennent des photos des longues files d’attente ou qui dénoncent leur exaspération qui posent problème. Ce sont ceux, tapis dans l’ombre ou parfois même à visage découvert, qui « spéculeraient » sans vergogne.

Vingt litres d’essence à 35 000 FCFA, parfois 50 000 ! Est-ce cela le nouveau patriotisme ?

Où sont donc passées la solidarité, la piété, l’éthique ?

Ces spéculateurs ne sont pas des héros de la débrouille, ce sont des criminels économiques. Ils alimentent le chaos, détruisent la cohésion sociale et déshonorent notre pays. Ils ne font pas des affaires : ils vendent du sang.

Car chaque litre volé ou surfacturé est une gifle à la mère qui ne peut plus aller au marché, au travailleur qui ne rejoint plus son poste, à l’ambulance qui n’arrive plus à sauver des vies.


Ce n’est pas qu’un problème économique, c’est un problème moral. Beaucoup se disent musulmans, prient, jeûnent… mais font subir l’enfer à leurs concitoyens pour quelques billets.

Ont-ils oublié qu’on ne bâtit pas un avenir sur la souffrance des autres ?

Qu’on ne nourrit pas sa famille avec de l’argent souillé par la détresse des innocents ?

Oui, certains ont grillé la honte. Ils seraient prêts à vendre leur propre progéniture pour accumuler des gains honteux.

Ceux-là doivent être dénoncés, montrés du doigt, moralement sanctionnés. Ce n’est pas en détournant des camions-citernes, en revendant à prix d’or des litres stockés illégalement, qu’on bâtit une nation.

C’est en servant avec dignité, même dans la difficulté. Le pays est affaibli, oui. Sa crédibilité souffre. Mais croire qu’on peut rester à l’abri en fermant les yeux est une illusion.

Cette crise nous concerne tous. Ce n’est plus seulement une pénurie de carburant, c’est un test de conscience nationale.

À ceux qui spéculent, sachez-le, le peuple vous regarde. L’Histoire vous jugera. Et si la loi tarde, la honte, elle, vous rattrapera.

Source : Le Poing

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