
L’ONU est aujourd’hui accablée par les contradictions du monde qu’elle prétend réguler. Le problème n’est plus seulement ce qu’elle fait, mais ce qu’elle ne peut plus faire. Lorsque la puissance s’affranchit du droit international, que reste-t-il de l’Organisation des Nations unies?…
À Cuba, Washington accentue encore la pression économique et politique, allant jusqu’à annoncer à la tribune de l’ONU que la liberté viendrait bientôt à l’île. Et pendant que les grandes puissances donnent des leçons de droit, l’Iran a vu son Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, tué le 28 février 2026 dans des frappes américano-israélienne.
À Gaza, le drame est devenu tellement gigantesque que les mots eux-mêmes semblent avoir perdu leur force. La Commission d’enquête internationale indépendante de l’ONU a conclu en 2025 qu’Israël avait commis un génocide contre les Palestiniens de Gaza et, en juin 2026, elle a encore dénoncé le ciblage délibéré d’enfants.
Pendant ce temps, les morts continuent. Le Liban est à nouveau frappé, des civils sont tués, des familles déplacées, et même la présence de la FINUL apparaît de plus en plus impuissante face aux réalités du terrain.
Et que dire de l’Afrique ?
Au Sahel, les accusations de soutien ukrainien à des groupes armés ont été officiellement portées devant le Conseil de sécurité par le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Ukraine a rejeté ces accusations. Mais dans cet univers où chaque camp possède ses vérités, l’Afrique découvre surtout une chose : lorsqu’elle est concernée, la solidarité internationale devient soudain beaucoup plus sélective.
Imagine-t-on seulement un État africain mener les mêmes actions qu’une grande puissance ?
Les rapports, les condamnations, les conférences de presse et les leçons de démocratie se multiplieraient à l’infini. L’indignation internationale semble parfois avoir une géographie, une hiérarchie et même une couleur.
Alors, à quoi sert encore l’ONU si les principes qu’elle proclame ne peuvent être appliqués avec la même exigence à tous ?
Le problème n’est pas l’idée des Nations unies. Le problème est un système international dont les fondations sont devenues trop étroites pour contenir les rapports de force du XXIᵉ siècle.
L’ONU doit être profondément réformée. Pas pour remplacer un ordre de domination par un autre, mais pour construire un ordre véritablement multilatéral, où l’Afrique, le Sahel et les peuples du Sud ne seraient plus condamnés à regarder les puissants décider de leur destin.
Les Nations unies devraient parfois se regarder dans un miroir. Elles y découvriraient peut-être moins l’image du monde qu’elles prétendent servir que celle d’un système qui refuse encore de reconnaître que le monde a changé .Et si le miroir leur renvoie une image déformée, il est peut-être temps de changer le miroir.
Source : Le Poing
