Si Allah nous accorde une longue vie et une bonne santé, nous essaierons, une fois par mois, de consacrer cet éditorial à une idée simple mais essentielle: nous aimer davantage, nous pardonner, nous tolérer et nous rappeler que la méchanceté ne mène nulle part…

Un rendez-vous mensuel pour parler de ce qui devrait nous rapprocher plutôt que de ce qui nous divise. La vie est trop courte pour nous déchirer, pour accumuler les rancœurs, les humiliations et les regrets. Aimons-nous davantage.

Tolérons-nous davantage. Sachons nous remettre en question, reconnaître nos erreurs et revenir vers ceux que nous avons blessés. Demander pardon n’est pas une faiblesse.

Pardonner ne signifie pas perdre sa dignité. C’est parfois la plus grande preuve de grandeur. Alors, pardonnons-nous pendant qu’il est encore temps. Si quelqu’un nous a blessés, essayons de ne pas laisser cette blessure devenir une haine permanente. Si nous avons blessé quelqu’un, ayons le courage de faire le premier pas.

Appelons, écrivons, rencontrons-nous, demandons pardon. Ne laissons pas l’orgueil nous empêcher de réparer ce qui peut encore l’être. Il vaut mieux ravaler sa fierté aujourd’hui que porter demain le poids d’un regret que plus rien ne pourra réparer.

La méchanceté ne construit rien. Elle détruit d’abord celui qui la porte. La rancune est un poids inutile que nous traînons avec nous, alors que nous pourrions choisir la paix. Ne gardons pas dans nos cœurs des querelles qui finiront un jour dans une tombe. Soyons bons. Faisons le bien.

Pardonnons lorsque nous le pouvons. Car parfois, la blessure est si profonde que le cœur hésite même à souhaiter le repos de celui qui nous a fait souffrir. Mais c’est précisément dans ces moments que la bonté prend tout son sens. Pardonner ne signifie ni oublier l’injustice ni accepter le mal.

Cela signifie refuser de laisser la haine gouverner notre cœur. Le pardon n’efface pas toujours le passé, mais il peut nous libérer du poids que le passé fait peser sur notre présent. Le Coran nous rappelle : «Quiconque fait le poids d’un atome de bien le verra, et quiconque fait le poids d’un atome de mal le verra» (Coran, 99:7-8). Rien n’échappe à Allah. Nous pouvons nous cacher aux yeux des hommes, justifier nos actes ou dissimuler nos intentions, mais nous ne pouvons pas nous cacher devant Dieu.

Alors, chaque fois qu’un mauvais réflexe nous traverse, arrêtons-nous un instant et rappelons-nous ceci : Allah nous voit. Trois règles simples devraient nous accompagner: ne jamais répondre sous le coup de la colère, ne jamais promettre dans l’euphorie et ne jamais prendre de décision dans la tristesse.

Quelques secondes de maîtrise peuvent éviter des années de regrets. C’est aussi pourquoi, chaque fois qu’Allah nous confie une responsabilité, une autorité ou une parcelle de pouvoir, souvenons-nous qu’elle n’est que temporaire.

Celui qui est fort aujourd’hui peut être faible demain. Celui qui décide pour les autres devra, lui aussi, rendre compte de la manière dont il aura assumé cette responsabilité. Un jour, il sera écrit : « son âme repose en paix ». Souhaitons seulement que ce jour soit le plus lointain possible. Mais il viendra pour chacun de nous.

Alors, pourquoi attendre demain pour faire la paix ?

Pourquoi attendre la disparition de quelqu’un pour reconnaître sa valeur ?

Pourquoi laisser la rancœur prendre une place que l’amour pourrait occuper ?

À ceux qui sont fâchés, réconciliez-vous. À ceux qui se sont éloignés, faites un pas l’un vers l’autre. À ceux qui ont été blessés, si votre cœur le permet, pardonnez. À ceux qui ont blessé, ayez le courage de demander pardon. Et à ceux qui pensent avoir encore le temps, souvenez-vous que personne ne connaît le jour où il devra partir.

Peut-être qu’Allah nous accordera une longue vie et que nous nous retrouverons encore, un vendredi après l’autre, pour nous souhaiter le bien. Peut-être même que, dans quelques années, nous regarderons certaines de nos querelles avec étonnement, en nous demandant comment nous avons pu leur donner autant d’importance.

Aimons-nous donc pendant que nous sommes encore là. Faisons-nous du bien tant que nous en avons la possibilité. Réparons ce qui peut l’être. Pardonnons avant que le pardon ne devienne impossible à donner ou à demander.

Ne laissons pas nos dernières paroles être des paroles de colère. Ne laissons pas nos dernières pensées être des pensées de rancune. Faisons en sorte que, tant que nous sommes vivants, il y ait toujours une porte ouverte vers la réconciliation.

Car un jour, pour chacun de nous, il ne restera plus ni pouvoir, ni richesse, ni colère, ni rancune. Il restera seulement ce que nous aurons fait de notre passage parmi les autres. Et alors, les mots seront simples: que son âme repose en paix.

Qu’Allah, le Clément, le Miséricordieux, l’Omniscient et l’Audient, nous protège, nous éclaire et nous accorde la sagesse de faire le bien, même lorsque le mal nous a été fait. Qu’Il apaise nos cœurs, nous apprenne à pardonner et nous donne la force de demander pardon. Amine.

Source : Le Poing

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