L’annonce est tombée comme un couperet le 4 septembre 2025. Sous l’impulsion du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, le Commandant Madani Dravé a été propulsé à la tête de l’Énergie du Mali (EDM-SA). Spécialiste chevronné en génie électrique et informatique, son arrivée devait marquer un tournant technocratique dans une gestion jusque-là jugée défaillante…

Pourtant, quelques mois seulement après sa prise de fonction, une question brûle toutes les lèvres « Le nouveau DG a-t-il déjà échoué ? »

UN HÉRITAGE ÉLECTRIQUE LOURD DE CONSÉQUENCES

Pour comprendre les difficultés actuelles, il faut regarder le « court-circuit » structurel dont Madani Dravé a hérité. L’EDM-SA ne souffre pas seulement d’un manque de vision, mais d’une agonie technique et financière, a savoir Vétusté des infrastructures; Des centrales thermiques à bout de souffle; Une dépendance étouffante vis-à-vis des fournisseurs de carburant; déficit de production et une demande nationale qui dépasse largement les capacités installées.

L’ÉPREUVE DU FEU : ENTRE INCENDIES ET DÉLESTAGES

Le baptême du feu a été littéral. Suite à un incendie déclaré sur un poste stratégique peu après sa nomination, la fragilité du réseau a été exposée au grand jour. Malgré son expertise technique, Dravé se heurte à une réalité brutale, le génie informatique ne peut compenser instantanément le manque de mégawatts.

Les Maliens, dont l’espoir était immense, voient les délestages persister. Si certains parlent déjà d’échec, il convient d’analyser si le problème réside dans l’homme ou dans le système.

LES DÉFIS MAJEURS À RELEVER

Pour inverser la tendance et faire taire les critiques, la direction doit s’attaquer à trois piliers, a savoir : la maintenance préventive; stabiliser les postes de transformation pour éviter les coupures accidentelles; le mix énergétique; et réduire la part du thermique (trop coûteux en gasoil) au profit du solaire.

ÉCHEC PRÉMATURÉ OU PÉRIODE D’ AJUSTEMENT ?

Affirmer que Madani Dravé a échoué après un semestre relève peut-être d’un jugement hâtif face à une crise décennale. Cependant, dans le contexte de la Transition, le temps est un luxe que les usagers maliens ne sont plus prêts à accorder. Le Commandant Dravé joue sa crédibilité et celle du secteur énergétique, sur sa capacité à stabiliser le réseau avant la prochaine période de forte chaleur…
Massa Bakary
EchosMedias

Previous post Sénégal : fermeture de 19 agences publiques pour réduire les dépenses de l’État
Next post Afrique : Lomé accueille le 3ᵉ atelier du réseau des journalistes du ROGEAP sur l’électrification hors réseau