
Mieux informer les populations sur les défis de la gouvernance éducative : tel est l’objectif de l’atelier du Projet d’Appui à la Décentralisation de l’Éducation au Mali (PADEM) qui s’est tenu du 1er au 3 septembre 2026 à l’Hôtel de l’Amitié de Bamako. Réunissant plus de vingt professionnels des médias de Bamako et Koulikoro, l’événement a été officiellement lancé par le directeur général adjoint de la DGCT, Aly Issa, entouré des représentants de la Commune II et de l’organisation Save the Children au Mali…
L’atelier s’inscrit dans une ambition plus large : rapprocher davantage les citoyens des décisions qui concernent l’école et favoriser leur participation à la gestion de l’éducation au niveau local.



Pendant trois jours, les participants ont approfondi leurs connaissances sur la décentralisation, ses acquis, ses défis et ses perspectives, ainsi que sur la gestion de l’éducation par les collectivités territoriales.
L’une des principales préoccupations de la formation était de permettre aux journalistes de mieux distinguer : décentralisation et déconcentration. La première renvoie notamment au transfert de compétences et de responsabilités vers les collectivités territoriales, tandis que la seconde concerne l’organisation des services de l’État sur le territoire.
Pour les professionnels des médias, cette distinction est essentielle.
Leur rôle ne consiste pas uniquement à rapporter des textes ou des décisions administratives, mais aussi à traduire des notions parfois complexes dans un langage accessible aux citoyens.
La connaissance des rôles respectifs des maires, des responsables scolaires, des parents d’élèves, des communautés et des autres acteurs constitue ainsi un enjeu majeur. Une meilleure compréhension de ces responsabilités peut permettre aux populations de participer davantage à la vie de leurs écoles et de demander des comptes sur la qualité des services éducatifs.
Pour Aly Issa, la gestion de l’éducation en mode décentralisé constitue une réalité qui mérite d’être davantage connue et expliquée aux populations.
«Les professionnels des médias sont les acteurs essentiels de l’information, de la sensibilisation et du dialogue avec les populations», a-t-il souligné, rappelant que l’appropriation de la décentralisation par le grand public demeure un défi.
Selon lui, les médias ont une responsabilité particulière dans la transformation des connaissances acquises en contenus concrets, pertinents et accessibles aux citoyens.
Cette approche rejoint les objectifs du PADEM, qui entend notamment favoriser la production de contenus médiatiques consacrés à la gestion décentralisée de l’éducation et contribuer à la création d’un réseau de professionnels des médias engagés sur cette problématique.
Au-delà des aspects institutionnels et techniques, la formation a accordé une place importante à l’éthique, à la déontologie et à la responsabilité sociale des journalistes.
Le traitement des questions éducatives exige en effet une attention particulière, notamment lorsqu’il concerne des enfants ou des communautés vulnérables. Vérification des faits, équilibre des points de vue, respect de la dignité et protection des droits de l’enfant ont ainsi été présentés comme des principes indispensables à une couverture journalistique responsable.
Pour Emmanuel Diarra, l’objectif est de permettre aux journalistes de repartir avec les outils nécessaires pour produire des contenus capables d’informer efficacement les populations sur la gouvernance de l’éducation.
«Lorsque les populations sont informées et s’impliquent pleinement dans la gestion de l’éducation, ce sont les enfants qui en bénéficient en premier», a-t-il déclaré.
La session n’est pas restée au stade théorique. Les participants ont également pris part à des travaux de groupe et à des exercices pratiques, au cours desquels ils ont partagé leurs expériences et les difficultés rencontrées dans leur travail quotidien.
Ces échanges leur ont permis d’identifier des pistes pour améliorer leurs reportages et leurs émissions consacrés aux questions éducatives, tout en rendant l’information plus compréhensible et utile aux populations.
L’enjeu est également de faire de la gouvernance éducative un véritable sujet de débat public, en donnant davantage la parole aux communautés et aux différents acteurs locaux.
La rencontre de Bamako constitue une première étape dans le déploiement de cette initiative. Le PADEM prévoit d’étendre les ateliers à d’autres régions, notamment : Kayes et Sikasso, avec l’ambition de construire progressivement un réseau national de journalistes engagés sur les questions de décentralisation et de gouvernance de l’éducation.
À travers cette dynamique, les promoteurs du projet souhaitent renforcer le rôle des médias comme relais entre les institutions, les collectivités territoriales et les populations.
Car derrière les concepts administratifs et les mécanismes institutionnels se trouve une réalité essentielle : la qualité de la gouvernance éducative concerne directement l’avenir des enfants maliens. Une information fiable, accessible et responsable peut ainsi contribuer à faire des citoyens de véritables acteurs de l’école et du développement de leurs communautés.
Aissetou CISSÉ
EchosMedias
