Sous l’égide du SYNEM et avec l’appui stratégique de la Fondation Friedrich Ebert (FES), un atelier de renforcement des capacités s’est tenu le vendredi 8 mai 2026 dans les locaux de la mairie de la Commune 5 du district de Bamako. L’objectif de cette session de deux jours : doter les leaders syndicaux d’outils techniques tout en prônant une éthique rigoureuse pour une école malienne performante et apaisée…

La cérémonie d’ouverture a été placée sous la présidence du représentant du ministre de l’Éducation nationale, M. Ousmane Diombéra, Chargé de mission, en présence du Secrétaire général du SYNEM, M. Amadou Coulibaly, du représentant de la FES, M. Amadou Samaké, et du Maire de la Commune 5, M. Amadou Ouattara.

Le visage de l’école malienne de demain

Le futur du système éducatif malien se dessine désormais dans les salles de formation. Durant quarante-huit heures, cette rencontre a réuni les cadres du Syndicat des Professeurs de l’Enseignement Normal et Fondamental (SYNEM). Soutenue par la Fondation Friedrich Ebert (FES), partenaire historique du Mali depuis 1970, elle visait la « domestication des savoirs syndicaux et juridiques ».

Hommage solennel et climat d’apaisement

L’ouverture des travaux a été marquée par une minute de silence en hommage aux piliers de la nation tombés le 25 avril 2026. Dans ce contexte de résilience, le représentant du ministre, M. Ousmane Diombéra, a salué un signal fort : la suspension du mot d’ordre de grève par les syndicats. Un geste d’apaisement jugé crucial par les autorités pour la stabilité du calendrier scolaire.


«Un bon syndicaliste est d’abord un bon travailleur»

L’un des moments forts de l’événement fut le cri du cœur de M. Amadou  Coulibaly, Secrétaire général du syndicat, un doyen proche de la retraite. Avec l’autorité de l’expérience, il a rappelé une vérité fondamentale : la crédibilité de la lutte syndicale repose avant tout sur l’excellence professionnelle. Dans un Mali en quête de souveraineté, il a exhorté ses cadets à placer l’intérêt des élèves et le patriotisme au-dessus des revendications purement matérielles.

De la confrontation à la négociation scientifique

Selon le représentant de la FES, M. Amadou Samaké, l’enjeu de cet atelier dépasse la simple pédagogie. Il s’agit de transformer le syndicalisme de confrontation en un « syndicalisme de participation ». Pour ce faire, trois axes majeurs ont été développés :

-Techniques de pointe : Les participants ont été formés à l’andragogie (formation des adultes) et aux techniques de négociation collective.

– Cadre légal : Un rafraîchissement des connaissances juridiques a permis d’identifier les leviers réglementaires actuels.

– Simulation : Des exercices pratiques ont consolidé la posture de leader des délégués venus de plusieurs régions du Mali.

Le grand chantier : la moralisation des examens

L’annonce phare de cette rencontre reste l’organisation prochaine d’une journée de sensibilisation nationale sur la moralisation des examens. Financée par la FES et soutenue par l’État, cette initiative vise à restaurer l’intégrité des épreuves et la valeur des diplômes maliens.

Pour les autorités éducatives et les partenaires, une école d’excellence ne se construit pas uniquement avec des manuels, mais avec des acteurs habités par le sens du service public. À la mairie de la Commune 5, le pari est lancé : celui d’une éducation où le droit de revendiquer s’accompagne toujours du devoir de construire.
Aissetou CISSÉ

EchosMedias

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