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A un Etat souverain qui, après moult tractations restées sans suite au sein du G5 Sahel, décide finalement de s’en retirer , le jeune Président tchadien, comme s’il se moquait de lui, exige qu’il demande se dédise :

« …le Président en exercice du G5 Sahel exhorte le gouvernement de la République du Mali à reconsidérer sa position pour permettre aux efforts en cours visant à apporter une solution à ses préoccupations à travers la tenue imminente d’une conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement dans le pays du siège », lâche-t-il dans son Communiqué n°001/PCM/202 en date du 19 mai 2022.

Une exhortation franchement honteuse et mal venue de la part de ce jeune Président protégé de la France qui semble ne rien comprendre à l’œuvre de salubrité publique de la campagne actuelle de « défrancisation » qui fait rage aujourd’hui en Afrique y compris dans son propre pays.

Exhorter le Mali à reconsidérer sa position revient tout simplement à le renvoyer dans la gueule du loup. A l’humilier.

Qui va avaler un tel supplice pour les beaux yeux d’une organisation bidon comme le « G5 France Sahel » à la botte de l’hégémonie française dans la région.

UN PRESIDENT EN EXERCICE G5 SAHEL USURPATEUR

On fera remarquer que dans le fameux Communiqué, c’est bien le Président tchadien qui s’exprime en sa qualité de « Président en exercice du G 5 Sahel » !

Un titre pour le moins indu, qu’il aurait pu se garder dans cette correspondance, de mettre en avant comme un pied de nez supplémentaire au Mali.

La vérité est que le général Président du Tchad continue d’accaparer le fauteuil de Président en exercice du G-5 Sahel, alors que son mandat a expiré depuis février 2022.

C’est donc carrément en usurpateur qu’il s’adresse au Mali dans son Communiqué. Le jeu de rôle de caniche de la France qu’il joue ici en valait-il la chandelle ?

UN PRESIDENT A LA VELLEITE DE MISE SOUS TUTELLE DU MALI

La condescendance qui caractérise le bout de phrase suivant du Communiqué en dit long sur la prétention du général Président de s’affubler du manteau de parrain pris en flagrant délit de mise sous tutelle de l’Etat indépendant et souverain du Mali : « Le Président en exercice du G-5 Sahel, tout en prenant en compte les raisons avancées pour justifier cette décision lourde de conséquences pour l’ensemble du G-5 Sahel, note avec regret sa prise sans consultations préalables ».

Mais de quelle histoire de « consultations préalables » parle le jeune Président tchadien dans son numéro d’entremetteur au service d’intérêts néocoloniaux français ?

Lui Mahamat Idriss Deby ITNO n’était-il pas à la 7ème session ordinaire des Chefs d’Etats du 15 février 2021 tenue dans son propre pays et qui avait décidé de la tenue de la 8ème à Bamako en février 2022 !

Lui Mahamat Idriss Deby ITNO n’était-il pas au courant des multiples initiatives du Mali relativement à la tenue de la 8ème session de février 2022 devant consacrer sa présidence du G5 Sahel !

Lui Mahamat Idriss Deby ITNO n’avait-il pas reçu la correspondance avec menace de suspension de participation au G5 Sahel, adressée le 22 avril 2022 par le Mali à Mahamat Idriss Deby ITNO !

Lui Mahamat Idriss Deby ITNO a- t- il un tant soit peu prêté la moindre oreille attentive aux tergiversations sur la présidence malienne du G5 Sahel constitutives de violations du traité de base du droit dérivé de l’organisation?

Pourquoi, au vu de ces faits avérés, lui le Président en exercice G5 Sahel usurpateur jouant aujourd’hui au moralisateur du Mali, n’avait-il pas eu le courage d’exiger en la matière le respect

des dispositions pertinentes du traité de base et du droit dérivé, ne serait-ce qu’en abandonnant simplement le fauteuil usurpé et indu de la Présidence en exercice depuis février 2022 ?

C’est franchement gonflé de la part de Mahamat Idriss Deby ITNO de prétendre regretter, sans rire, que la décision de retrait du Mali soit prise « sans consultations préalables ».

Les succès militaires des troupes tchadiennes au Mali ne sauraient en tout état de cause justifier une mise sous tutelle de la souveraineté du Mali par Mahamat Idriss Deby ITNO.

Ou alors considèrerait-il la diplomatie comme un jeu de cour de récréation d’école primaire où l’on peut se permettre tout et son contraire ?

Le Mali n’est malheureusement plus un peuple couché devant la France néocoloniale pour laquelle Mahamat Idriss Deby ITNO paraît évidemment en mission commandée.

L’IMPOSSIBLE RETRAIT DU RETRAIT

C’est en quelque sorte l’impossible que Mahamat Idriss Deby ITNO demande au Mali. Son Communiqué constitue dans ce sens un appel à reniement de sa propre parole d’honneur par le Mali. Il faut savoir que la décision souveraine malienne du 15 mai 2022 annonçant son retrait des organes du « G5 France Sahel » et de sa Force conjointe, est notamment argumentée par « l’opposition de certains Etats du G5 Sahel à la présidence du Mali liée aux manœuvres d’un Etat extrarégional visant désespérément à isoler le Mali ».

Le vassalisé Président Bazoum du Niger aurait parfaitement pu avoir joué ce minable rôle.

Que peut faire Mahamat Idriss Deby ITNO contre les ingérences inadmissibles de cet Etat extrarégional qu’est la France qui le porte lui-même à bout de bras ?

Quelle garantie et assurance, le pauvre Mahamat Idriss Deby ITNO l’entremetteur caché, peut-il donner au Mali quant à sa dénonciation de la « perte d’autonomie de décision, l’instrumentalisation et le dysfonctionnement grave des organes du G5 Sahel, notamment la Conférence des Chefs d’Etat et le Secrétariat exécutif » ?

Le Tchad voudrait-il d’un Mali vassal de la France ou d’un Mali digne résolument engagé à s’affranchir des griffes néocoloniales du « G5 France Sahel » ?

Dire que le G5 sahel est mort n’est en réalité qu’un euphémisme. La vérité est que le « G5 France Sahel » n’est même pas né ou alors est mort-né. Le G5 Sahel en tant qu’absurdité organisationnelle mort-née, était déjà mort de sa belle mort avant le retrait du Mali.

L’escroquerie juridique à la base de son montage en a fait une organisation fantomatique dans le sens d’une marionnette articulée depuis l’Elysée.

Est-ce finalement une attitude respectueuse de la souveraineté du Mali que d’entendre de la bouche de Mahamat Idriss Deby ITNO qu’il exhorte le gouvernement le Mali à reconsidérer sa position, quand on sait que ce pays qui cherche à s’affranchir des griffes néocoloniales de la France, qualifie le G5 Sahel d’organisation sans autonomie régionale pilotée de Paris.

Il serait de toute façon illusoire, au risque pour lui de se couvrir de ridicule, d’attendre du Mali qu’il se maintienne dans un « G5 France Sahel » fils de l’impérialisme français, quand il a déjà chassé comme des malpropres son ambassadeur indélicat, ses médias-mensonges et toute sa soldatesque.

LE MYTHE D’UNE SECURITE REGIONALE SAHELIENNE VIA « G5 FRANCE SAHEL »

Que d’idées reçues et de contrevérités d’expertises auto proclamées sur la sécurité devant nécessairement passer par le « G5 France Sahel » !

Le Communiqué du Président tchadien en est l’illustration même : « Aucun des États sahéliens ne peut faire face seul aux problèmes sécuritaires » ; « l’heure est extrêmement grave pour laisser le G5 Sahel se disloquer » ; « il faut conjuguer les efforts pour sauvegarder et renforcer le G5 Sahel… ».

Parallèlement, le retrait du Mali est qualifié de « décision qui pourrait avoir de graves conséquences sur la sécurité et la stabilité au Sahel ». Comme si le G5 France Sahel n’était pas qu’une fantomatique organisation.

Cette litanie va jusqu’à effleurer l’idée comme quoi le retrait du Mali pouvait engager sa responsabilité internationale en matière d’insécurité au Sahel avec comme insinuation vicieuse, qu’une obligation de statut d’Etat membre du G5 Sahel lui serait opposable.

Au fond, le mot Sahel souffre du vice qui véhicule le mythe d’une entité homogène moins géographique que politique, derrière la réalité d’un conglomérat disparate d’Etats souverains, responsables chacun de sa propre sécurité à l’intérieur de ses propres frontières.

Aucune superstructure militaire de surcroît mal échafaudée comme le G5 Sahel, ne peut assurer la sécurité dans les pays du Sahel sans s’adosser à des armées nationales dignes de ce nom. Le « G5 France Sahel » est victime de son approche de sécurité régionale fondée sur des armées nationales clochardisées dont le seul résultat positif qui ne profite qu’à la France, est de rendre indispensable la présence de ses troupes d’occupation militaire en Afrique.

Le vrai chemin de la sécurité régionale du Sahel passera forcément par le sous bassement indispensable d’armées nationales dignes de ce nom qu’il faudrait au préalable construire comme le fait actuellement le Mali.

Il appartient avant tout, à chaque Etat de l’espace géographique du sahel, de répondre de la sécurité à l’intérieur de ses propres frontières sans en faire porter la responsabilité par le voisin.

D’ailleurs, si responsabilité il y aurait à situer en la matière, c’est plutôt à la France qu’il faudrait demander des comptes.

C’est la France qui, en créant impunément le chaos en Lybie, a favorisé l’exportation du terrorisme dans tout le sahel.

Le Mali en a même spécialement bénéficié d’une cargaison spéciale portée par les séparatistes du MNLA que la France a fait débarquer dans son septentrion et qui depuis, pullulent dans tout le pays.

Le retrait malien du G5 France Sahel participe simplement de la campagne de dépollution institutionnelle française engagée par la Transition, qui doit nécessairement consacrer la « défrancisation » totale du Mali et de l’Afrique.

Le Président tchadien Mahamat Idriss Deby ITNO ferait mieux d’emprunter ce chemin de l’honneur et de la dignité plutôt que de servir de caniche de la Françafrique.

Dr Brahima FOMBA, Université des Sciences Juridiques et Politiques de Bamako (USJPB)

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