Un nouveau scandale de mauvaise gouvernance secoue l’Institut National de Prévoyance Sociale (INPS). À la suite de la vérification financière portant sur les exercices 2021, 2022, 2023, 2024 et 2025, le Bureau du Vérificateur Général (BVG) du Mali a révélé une série d’irrégularités administratives et financières d’une ampleur criante. L’objectif de cette mission était d’évaluer la régularité et la sincérité des opérations de recettes et de dépenses, couvrant notamment la gestion du personnel, les prestations de prévoyance sociale (pensions), la passation des marchés et l’octroi des subventions…


Le constat est sans appel, le montant total des irrégularités financières s’élève à 15 989 750 228 FCFA. Bien que la somme de 64 451 575 FCFA ait été régularisée au cours des travaux, le préjudice financier non recouvré s’établit toujours à plus de 15,925 milliards de FCFA.

UNE GESTION ADMINISTRATIVE EN DÉFAILLANCE SYSTÉMIQUE

Au-delà des pertes financières, le rapport du BVG met en lumière un relâchement généralisé dans les mécanismes internes de contrôle et de transparence administrative. Parmi les manquements récurrents constatés par la mission :
Absence d’outils de contrôle et de bilan : Non-élaboration des comptes administratifs et de gestion, non-actualisation du Manuel des procédures, et absence d’inventaire régulier des biens. Non-respect des règles de gouvernance : Violations de la séparation des fonctions d’ordonnateur et de comptable public, recrutement du personnel hors des procédures légales et signatures de contrats avec des prestataires en situation de conflit d’intérêts.

Manque de transparence financière : Prise de participation financière sans autorisation préalable, prélèvements irréguliers de frais contentieux aux employeurs, et défaut de déclaration des cotisations de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) des pensionnés.
Répartition des irrégularités financières
Les libertés prises avec la réglementation financière couvrent un spectre étendu de dépenses injustifiées, d’avantages indus et de manquements contractuels.

NATURE DES GRIEFS FINANCIERS ET LE MONTANT

Primes de rendement indues accordées au personnel 5 573 254 661

Ordonnancement et paiement de subventions irrégulières 3 128 688 660

Gratifications indues versées 2 480 692 505

Paiements de dépenses sans visa du Délégué du Contrôle Financier 2 112 164 559

Paiement de prestations non exécutées 557 153 520

Rémunérations indues octroyées au personnel de Direction 469 335 582

Paiement de ristournes indues 699 042 371

Majorations indues sur les pensions de retraite 344 297 702

Avantages indus payés au Délégué du Contrôle Financier 166 911 629

Heures supplémentaires indues et non-reversements AMO 278 849 882

Autres (carburant, missions non justifiées, panier commun, évacuations) 114 907 382

Le rapport note également la fourniture de faux diplômes lors de certains recrutements, dépréciant davantage la rigueur managériale de l’établissement.

SAISINE DE LA JUSTICE ET RECOMMANDATIONS

Face à la gravité des faits, le Vérificateur Général a formalisé une série de recommandations fermes aux directeurs sectoriels (Direction Générale, Agence Comptable, Affaires Générales, DRH et Direction Financière) pour restaurer la conformité et la tenue rigoureuse des écritures comptables.


Sur le plan judiciaire, le dossier franchit un cap décisif : les faits susceptibles de constituer des infractions pénales ainsi que des atteintes à la législation budgétaire et financière sont transmis au Président de la Section des Comptes de la Cour Suprême et dénoncés directement auprès du Procureur de la République Financier.

B.M.C

EchosMedias

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