Tant au niveau gouvernemental que législatif, la Transition malienne a besoin d’un coup de pied sur l’accélérateur. Pour nombre d’experts des questions de gouvernance, la Transition malienne a besoin d’un coup d’accélérateur dans sa marche ? Cela devrait passer par un nouvel attelage?…

La machine gouvernementale de cette Transition a démarré depuis la fin de l’année 2020. Elle sera légèrement remodelée en mai 2021, suite à la mise en touche du duo Bah N’Daw-Moctar Ouane ; le tout sous l’œil vigilant du Colonel Assimi Goïta.

Plus de cinq ans après la mise en route de cette équipe, l’on a noté des efforts en face des défis multiples.


En effet, si la première attente forte est de parvenir à résoudre la crise sécuritaire aggravée, le constat est que les résultats globaux sont plutôt mitigés. Ce qui a lourdement impacté les chantiers socio-économiques, où les Maliens éprouvent encore d’énormes difficultés existentielles.

Celles-ci seront exacerbées par les récentes crises énergétiques, qui ont encore freiné les activités socio-économiques des populations.

En dehors de ces défis, le climat politique est alourdi par la dissolution des partis politiques et des associations à caractère politique. Cela, dans le but de refonder ce domaine en l’assainissant pour un nouveau départ.

Et c’est ce contexte qui impose une période charnière nécessitant d’insuffler du sang neuf à la vie institutionnelle du pays. Car, pour asseoir les bases d’une gestion plus apaisée devant rassembler la majorité des forces vives du pays, il sied de rebattre les cartes.

En effet, si l’on doit considérer que le Mali est à la veille d’un renouveau politique et institutionnel, il urge de faire asseoir ses fils et filles, en vue de définir une sorte de nouveau contrat social de conduite des affaires publiques. Cela ne peut se faire sans de nouvelles « concertations nationales », pour définir les priorités du moment. Et ces assises doivent déboucher sur la mise en place d’un nouvel attelage gouvernemental. Car, après cinq ans de gestion des affaires publiques, le gouvernement de Transition semble être limité dans ses actions de rénovation. Et certains ministres manquent d’efficacité dans leurs  actions. Et celles-ci peinent à impacter significativement leurs départements respectifs, donnant l’impression d’un immobilisme ou d’un manque d’initiatives.

A titre d’exemple, dans le secteur économique, les opérateurs économiques se plaignent du manque d’initiatives vigoureuses de l’Etat en vue de relancer les affaires. Et le ministre du Commerce et de l’industrie semble ne pas maitriser d’initiatives dynamiques devant impulser le secteur de la production, de l’import-export, des transactions commerciales en général. Alors que le pays tend vers la période sacrée du mois du Ramadan, où l’approvisionnement  correct du pays en denrées de première nécessité taraude les esprits. Sans oublier la question du contrôle des prix de ces denrées sur le marché, tant à Bamako que sur toute l’étendue du territoire national.

Par ailleurs, les insuffisances de résultats peuvent être signalées dans d’autres départements comme celui de l’Energie, avec le scandale de la société Energie du Mali, au niveau du secteur agricole, de l’Environnement, etc.

Tous ces constats devraient inspirer les plus hautes autorités à envisager la formation d’un nouveau gouvernement en vue de sonner l’alerte de l’union sacrée et de la gestion concertée du pays. Ce nouvel attelage gouvernemental ne peut-il donner plus de représentativité à l’exécutif en faisant appel à des cadres de plus grande légitimité ? Rien n’est moins sûr.

Par ailleurs, au niveau de l’organe législatif de la Transition, le besoin d’un remodelage se fait sentir. Car, l’on note une forme de lassitude au niveau des représentants du peuple. Ceux-ci se sont réduits à un rôle d’accompagnement du gouvernement.

En effet, depuis de longs mois, les procédures de contrôle de l’action gouvernementale se font rares. Puisque les séances de questions orales ou de questions d’actualité aux membres du gouvernement se font désirer et les ministres n’hésitent pas à trouver des alibis à travers des missions imaginaires, pour se dérober aux inquisitions parlementaires.

En outre, il faut signaler que depuis sa mise en place, le Conseil National de Transition, (CNT) a perdu des membres, qui sont affectés à d’autres missions, en délicatesse avec la justice, ou simplement décédés. Pourquoi ces Conseillers ne sont-ils remplacés pour élargir la base de représentativité de la Transition ? Il urge aussi que le bureau du CNT et ses commissions de travail soient aussi revisités, pour renforcer la légitimité de cette Transition. C’est à ce prix que le train du renouveau de cette période transitoire sera définitivement relancé, dans un esprit plus consensuel ou rassembleur.



Boubou SIDIBE
Source maliweb.net

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