Malgré le désir fermement et bruyamment affiché chez les Maliens de voir le changement dans la gestion de  leur pays, depuis plusieurs mois voire des années, l’on peine à voir les signaux de cette gouvernance vertueuse.

« Être ministre, c’est être un serviteur de l’Etat, en tous lieux, en tous instants. La confiance placée en lui n’est pas un blanc-seing, parce que la confiance se mérite chaque jour et à chaque instant. Les Maliens meurtris par des souffrances de toute nature attendent beaucoup de nous et nous ne devons pas les décevoir ». Ces propos sont ceux du Premier ministre Choguel Kokala Maïga, lors du premier conseil de cabinet de son équipe gouvernementale à la mi-juin dernier. Un mois plus tard, qu’est-ce qui a changé dans les actes et comportements de nos ministres ? Rien ou presque !

« Gouvernance de rupture et d’exemplarité », où es-tu ?

Lors de cette rencontre inaugurale du gouvernement Choguel Maïga, celui-ci s’est inscrit dans une forme de pédagogie et de conscientisation des membres de son gouvernement. Mais, l’on a l’impression que c’était une…^prêche dans le désert. « Nous ne devons pas les décevoir. De nombreux citoyens sont optimistes, prient pour la réussite de la Transition, font des bénédictions pour nous. Certains, de bonne foi, sont sceptiques, d’autres franchement hostiles. C’est leur droit. Il nous appartient de dissiper leurs réserves, leurs interrogations, de conforter l’espoir et d’obtenir l’adhésion de la grande majorité des Maliens. Ceci n’est possible que si nous mettons en œuvre une gouvernance de rupture et d’exemplarité. Cela suppose que nous mettions fin à des pratiques qui ont fini par justifier la défiance des populations vis-à-vis de l’État pour fonder notre action sur la pratique de la vertu, tout en attaquant de front les nombreux problèmes qui assaillent la Nation. Sachant que nous ne pouvons tout faire dans le peu de temps imparti, mais déterminés à honorer les engagements pris devant nos compatriotes, nous axerons nos efforts sur les domaines prioritaires suivants : l’amélioration de la sécurité, les réformes politiques et institutionnelles, l’organisation d’élections crédibles, la réduction du train de vie de l’Etat, la moralisation de la vie publique, la fin de l’impunité et la satisfaction d’une part importante de la demande sociale”, a-t-il insisté.

A titre d’exemple qu’est-ce qui a été fait depuis par rapport à la réduction concrète du train de vie de l’Etat ? L’on n’assiste pas toujours à un étalage de luxe par nos gouvernants ? Quid des parcs automobile de l’Etat avec de rutilantes cylindrées de 4×4, dont plusieurs circulent à des jours et heures non ouvrables ? Nos ministres n’ont-ils pas toujours 4 véhicules de l’Etat à leurs dispositions ? Quid du gaspillage du courant électrique et de l’eau dans les services publics, institutions et résidences de hauts responsables de l’Etat ? Il y a encore des efforts immenses à faire pour réduire drastiquement le train de vie de notre Etat  Pour ne pas se contenter de l’annonce de réduction du budget de la présidence par le président de la Transition. Le Premier ministre a-t-il suivi l’exemple du chef de l’Etat ? De combien a-t-il réduit ses indemnités et autre fonds de de souveraineté ? Silence et boule de gomme.

De bonnes intentions aux engagements creux?

Sauf que le chef du gouvernement est dans la rhétorique et dans les promesses. Mais, plus le temps passe, l’on se demande si Choguel Maïga a-t-il émis des vœux pieux ou parlé pour endormir les Maliens. Car, même à propos du casting de son équipe gouvernementale, l’on peine à lister une dizaine de compétences exceptionnelles. L’on a plutôt à faire à plusieurs ministres incompétents, dont certains donnent l’impression d’être en stage au sein du gouvernement. Sans compter que certains ministres pourraient encore se mêler à des affaires d’indélicatesses financières au préjudice de l’Etat. Qu’en est-il des marchés publics, dont on feint l’urgence de la passation pour adopter la procédure d’entente directe ? Ces pratiques semblent abolies, avec le nouveau DG des marchés publics, Soibou Mariko, un jeune cadre compétent, mais il existe des pressions venant d’ailleurs pour trouver des échappatoires…

Cette situation pousse à croire que le PM Choguel doit faire des preuves pour rassurer les Maliens sur ses déclarations antérieures. «…Cette phase de la période de Transition que nous entamons est tout sauf une sinécure. Pour relever les défis et embûches auxquels il faudra faire face, les membres du gouvernement se tiendront la main et feront bloc en renforçant la cohésion autour du Président de la Transition pour tenir bon ensemble, contre les vents et marées qui se profilent déjà à l’horizon. Seuls des femmes et des hommes déterminés, compétents, engagés et soucieux des intérêts fondamentaux de la Nation et munis d’une vision claire avec des objectifs identifiables et mesurables soutenus, pourront transcender ces difficultés… ». Cet engagement est, pour le moment, comme un effet d’annonce. Et cela, Dr Choguel Kokala Maïga doit l’intégrer dans sa conscience, pour ne pas réveiller les adversités dont les prémices se font entendre déjà avec Pr Clément Dembélé et Issa Kaou N’Djim.

Boubou SIDIBE

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Source: maliweb.net

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