La capitale malienne se transforme dès ce jeudi 23 avril en épicentre de la création africaine. Entre diplomatie artistique et tremplin international, la 9ème édition du festival Hola Bamako marque un tournant historique dans la coopération culturelle entre Madrid et Bamako…


Lancé en 2018, ce rendez-vous a largement dépassé le stade de la simple festivité pour devenir un pont stratégique entre deux rives. Lors de la conférence de presse tenue ce lundi au Musée National, l’Ambassadeur d’Espagne, Son Excellence Antonio Guillen Hidalgo, et la Consule générale, Patricia Gomez Lanzaco, ont dévoilé les contours d’une édition qui change de dimension. Signe de son succès : le concept s’exporte désormais à Abidjan et Yaoundé, affirmant son rôle de catalyseur régional.

«Vis-à-Vis» : Un passeport pour les scènes mondiales

Le cœur battant de l’événement reste le projet « Vis-à-Vis » porté par la Casa África. Ce dispositif offre une opportunité d’exception aux artistes locaux : douze groupes maliens s’affronteront sur l’esplanade du Musée National sous l’œil d’une délégation record de 27 professionnels espagnols (directeurs de festivals, programmateurs et journalistes).

L’enjeu est de taille : deux formations seront sélectionnées pour s’envoler cet été vers une tournée des plus grands festivals d’Espagne. « Au-delà de la compétition, c’est une opportunité de carrière unique face à des promoteurs mondiaux », souligne M. Bandiougou Diabaté, membre de l’organisation.

Une affiche entre légendes et modernité

La programmation 2026 marie habilement héritage et sonorités contemporaines. Les têtes d’affiche annoncent la couleur : le reggae engagé de Tiken Jah Fakoly, le génie du clavier Cheick Tidiane Seck, la voix envoûtante de Rokia Koné, ou encore le groupe espagnol Ninos Bravos.

Mais l’événement est aussi un espace de transmission. Des masterclasses au Conservatoire de Bamako permettront un transfert de compétences et un partage technique entre musiciens. Un respect mutuel profond, comme le rappelle Patricia Gomez Lanzaco, notant que les experts espagnols sont souvent les premiers impressionnés par la virtuosité des artistes maliens.

Plus qu’un festival, un projet de société
Derrière les projecteurs, la manifestation interroge le lien social : « Comment fête-t-on au Mali ? Comment fête-t-on en Espagne ? ». L’objectif est de célébrer une proximité humaine nourrie par une diaspora active.

Plus qu’une simple compétition pour une tournée, cet événement est avant tout une plateforme de rencontres B2B et de réseautage cruciale pour les artistes. Bamako devient, jusqu’à dimanche, le point de rencontre où l’amitié culturelle résonne en musique. Voici le programme détaillé :

Jeudi 23 (Jour 1) : Kissa Kébé, Massan Coulibaly, Beesy One, Momo Choco, Mami Diabaté, Ben Zabo. (Parrain : Mohamed Diaby).

Vendredi 24 (Jour 2) : Queen Djembé, Virginie Dembélé, Safi Diabaté, Ninos Bravos.

Samedi 25 (Jour 3) : Harouna Samaké, Anna Diabaté, Rokia Koné, Cheick Tidiane Seck, Tiken Jah Fakoly.

Les concerts auront lieu sur l’Esplanade du Musée National dès 18h00, tandis que le Conservatoire de Bamako accueillera les masterclasses. L’accès est gratuit, mais nécessite impérativement une carte d’invitation.


Aissetou CISSÉ

EchosMedias

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