Moins de charges, plus de discipline : le règlement des créances de 67 organes de presse et la régularisation des pensions et salaires illustrent les premiers effets d’une gestion plus rigoureuse…

Par Mamadou CAMARA Info360.info, Bamako, 20 août 2026.Temps de lecture : 3 minutes

À l’Institut national de prévoyance sociale (INPS), l’assainissement financier semble désormais entrer dans une phase plus concrète. Le règlement récent d’arriérés dus à des organes de presse prestataires, auquel s’ajoutent des efforts de régularisation concernant les pensions et les salaires, constitue un signal important dans un contexte où la maîtrise des dépenses et la sécurisation des engagements sociaux apparaissent comme des priorités.

Au-delà du simple règlement de factures, cette évolution pose une question essentielle qui est de savoir comment réduire les charges et les dépenses non prioritaires pour dégager les marges nécessaires au respect des engagements fondamentaux de l’institution ?

67 organes de presse concernés

Le fait marquant concerne le règlement de reliquats dus à 67 organes de presse, pour des prestations réalisées sur la base d’ordres de mouvement établis au cours de l’exercice précédent. Le montant évoqué s’élèverait à environ 49 millions de FCFA.

Pour les médias concernés dont certains nous renseigné sur cet heureux dénouement qui avait failli dégénérer entre les médias et l’INPS , cette opération représente bien davantage qu’une écriture comptable. Dans un secteur confronté à d’importantes difficultés de trésorerie, le paiement d’une prestation effectivement réalisée permet à une entreprise de presse de faire face à ses propres obligations : salaires, charges sociales, fonctionnement et production de contenus.

Le règlement de ces arriérés apparaît également comme un acte de continuité et de responsabilité institutionnelle. Une nouvelle équipe dirigeante hérite nécessairement d’engagements antérieurs. Lorsqu’ils sont régulièrement établis, contrôlés et justifiés, leur apurement contribue à assainir progressivement la situation financière plutôt qu’à laisser s’accumuler de nouvelles dettes.

Assainir ne signifie donc pas seulement dépenser moins. Cela signifie également payer ce qui est dû, lorsqu’il est dû, et empêcher la reconstitution des arriérés.

La presse, un partenaire institutionnel à responsabiliser

L’épisode des arriérés envers la presse ouvre aussi un débat plus large sur les relations entre les institutions publiques et les médias.

Une commande institutionnelle doit correspondre à un besoin clairement identifié, être encadrée, exécutée, évaluée et réglée dans des délais raisonnables. De leur côté, les organes de presse doivent pouvoir justifier leurs prestations et respecter leurs obligations contractuelles.

Cette logique de responsabilité partagée peut contribuer à assainir durablement les relations entre l’INPS et ses partenaires médiatiques.

Pour la presse, la visibilité institutionnelle ne peut être durablement fondée sur l’accumulation de créances. Pour l’institution, la communication ne devrait pas non plus devenir une dépense difficilement maîtrisable.

La bonne dépense est celle qui répond à un objectif précis, produit un résultat mesurable et reste compatible avec les capacités financières de l’institution.

Réduire les charges pour sécuriser les priorités

Le règlement des arriérés prend tout son sens lorsqu’il s’inscrit dans une politique plus générale de rationalisation des dépenses.

Le plafonnement ou la révision de certaines dépenses de fonctionnement, l’examen des contrats, la rationalisation des abonnements et prestations, l’optimisation de certaines charges et une meilleure programmation budgétaire peuvent contribuer à dégager des marges financières.

Mais l’objectif ne doit pas être de réduire les dépenses pour réduire les dépenses.

Pour une institution de prévoyance sociale, la véritable performance budgétaire se mesure à la capacité de transformer les économies réalisées en capacité de paiement et en qualité de service.

C’est là que les pensions, les salaires et les droits des assurés deviennent le véritable baromètre de l’assainissement.

Pensions et salaires : l’essentiel de la mission sociale

Une institution comme l’INPS ne peut être évaluée uniquement à partir de ses comptes. Sa première responsabilité demeure sociale : garantir les droits des assurés et assurer la régularité des prestations auxquelles les bénéficiaires ont droit.

La régularisation progressive de certaines pensions et des salaires constitue donc un indicateur particulièrement sensible.

Pour un pensionné, la pension représente souvent une ressource essentielle pour le ménage. Pour un travailleur, le salaire constitue la contrepartie normale d’un service accompli.

Les efforts de maîtrise budgétaire n’ont véritablement de sens que s’ils permettent de sécuriser ces engagements prioritaires et de réduire les risques de nouveaux retards.

Une discipline à inscrire dans la durée

L’assainissement financier ne peut cependant être une opération ponctuelle. Le véritable enjeu est d’en faire une culture permanente de gestion.

Cela passe par une programmation rigoureuse des dépenses, un contrôle renforcé des engagements, une évaluation des contrats et prestations, une meilleure anticipation de la trésorerie et un suivi régulier des arriérés.

L’INPS devra surtout veiller à ce que les économies réalisées aujourd’hui ne soient pas suivies, demain, par la constitution de nouvelles charges difficilement soutenables.

La transparence dans le suivi de ces efforts sera également déterminante. Les assurés, pensionnés, travailleurs, partenaires et prestataires ont intérêt à connaître les résultats de la réforme et à comprendre comment les économies contribuent à renforcer la mission sociale de l’institution.

Assainir aujourd’hui pour protéger demain

Le règlement des arriérés envers les 67 organes de presse, la régularisation des pensions et des salaires et la recherche d’une meilleure maîtrise des dépenses constituent des signaux qui méritent d’être suivis et, surtout, consolidés.

Le défi pour l’INPS est désormais de transformer ces premières mesures en système durable de discipline financière.

Car l’assainissement n’a de valeur que s’il produit des résultats concrets : moins d’arriérés, des dépenses mieux maîtrisées, une trésorerie plus prévisible et, surtout, des prestations sociales régulièrement assurées.

Pour la presse comme pour les autres partenaires, payer les engagements légitimes renforce la confiance. Pour les travailleurs, sécuriser les salaires renforce la stabilité. Pour les pensionnés, garantir la régularité des pensions protège leur dignité. Et pour les assurés, une institution financièrement solide constitue une meilleure garantie de leurs droits futurs.

La réussite dépend aussi du personnel

Mais aucune réforme durable ne peut réussir sans l’adhésion de celles et ceux qui la mettent quotidiennement en œuvre. La survie et la consolidation de l’INPS dépendent aussi, en partie, de l’engagement de son personnel.

La nouvelle dynamique engagée appelle donc une mobilisation collective. Il y a désormais nécessité et urgence pour les travailleurs de l’INPS de comprendre, soutenir, accompagner et porter cette démarche d’assainissement, dans l’intérêt de l’institution, de ses assurés, des pensionnés et de l’ensemble de la société malienne.

Cette dynamique s’inscrit dans une vision politique plus large portée par les autorités de la Transition, avec la volonté affichée de redresser et de préserver les structures stratégiques qui jouent un rôle central dans la stabilité sociale du Mali. Elle bénéficie également de l’investissement personnel du Président de la Transition, Chef de l’État, le Général d’Armée Assimi GOÏTA, dans la recherche de solutions aux besoins des populations et dans la consolidation des institutions essentielles à la cohésion et à la stabilité nationales.

À l’INPS, cette orientation ne saurait toutefois reposer uniquement sur les autorités ou la direction. Elle doit devenir une responsabilité partagée, portée par le personnel à tous les niveaux, afin que les efforts d’aujourd’hui produisent des résultats durables demain.

Assainir aujourd’hui, c’est protéger demain : les pensions, les salaires, les assurés et la crédibilité de l’institution. Mais pour que cette ambition devienne une réalité durable, chacun doit prendre sa part de responsabilité dans la refondation de l’INPS.

Par Mamadou CAMARA Info360.info, Bamako, 20 août 2026.Temps de lecture : 3 minutes

Source : Info360.info

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