
À l’occasion de la JRSA 2026, le ministre Bouréma Kansaye trace la feuille de route d’une science souveraine et résiliente, adossée aux valeurs endogènes et portée par la synergie stratégique de l’espace AES…
CHRONIQUE SCIENTIFIQUE
Ce mardi 30 juin 2026, le Mali s’est joint à la communauté scientifique continentale pour célébrer la Journée de la Renaissance Scientifique de l’Afrique (JRSA). Dans une allocution solennelle d’une haute portée patriotique et stratégique, le ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, le Professeur Bouréma Kansaye, a réaffirmé la volonté inflexible des plus hautes autorités de faire de la science et de l’innovation les leviers de la souveraineté nationale.
Placée sous le signe de la résilience, cette commémoration marque un tournant historique en couplant l’audace technologique à la reconquête des valeurs culturelles et endogènes du Mali.
Instituée en 1987 sous l’égide de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), la JRSA est célébrée par le Mali depuis 1990 à travers le Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (CNRST).
Cette édition 2026 revêt cependant une symbolique exceptionnelle, elle s’inscrit en droite ligne de la vision de Son Excellence le Général d’Armée Assimi GOITA, Président de la Transition, qui a décrété la période 2026-2027 comme «Années de l’Éducation et de la Culture».
UNIR LA SCIENCE AUX RACINES DE L’HISTOIRE
«Le Mali, berceau de civilisations et carrefour des cultures, amorce une nouvelle étape de son histoire en plaçant l’éducation et la culture au cœur de son développement», a rappelé avec force le Professeur Bouréma Kansaye.
Face à une crise multidimensionnelle caractérisée par l’effritement des repères traditionnels et une homogénéisation globalisée des modes de vie, le ministre a insisté sur la nécessité impérieuse de rebâtir le pays à partir de son génie propre.
Loin d’être un simple folklore, la culture est ici érigée en moteur stratégique de développement. Le chef du département de l’Enseignement supérieur a annoncé une orientation majeure : valoriser une recherche scientifique rigoureuse axée sur les traditions, les langues nationales, l’artisanat, la musique et la littérature.
Cette approche s’appuie directement sur le Programme national d’éducation aux valeurs lancé en 2024, visant à réconcilier la jeunesse malienne avec son identité profonde tout en renforçant la cohésion nationale et le rayonnement international du pays. «La recherche scientifique n’est pas une option, elle est le levier indispensable de notre souveraineté technologique, médicale et culturelle.» Professeur Bouréma Kansaye
«ADAPTER LA RECHERCHE AFRICAINE AUX BESOINS DE L’AFRIQUE»
C’est le thème central qui guide les manifestations scientifiques de cette année. Pour le Professeur Kansaye, il s’agit de démontrer le dynamisme et le succès de la recherche malienne dans un contexte de forte résilience face aux défis sécuritaires actuels.
Malgré une crise imposée à la nation, les institutions d’enseignement supérieur et de recherche (IESR) continuent de briller.
Le ministre a chaleureusement salué la reconnaissance internationale des chercheurs, ingénieurs et doctorants maliens, dont les travaux continuent de remporter des prix compétitifs à travers le monde.
Ces contributions scientifiques ne se cantonnent pas aux laboratoires : elles participent activement à l’analyse, à la compréhension et à la résolution concrète de la crise multiforme que traverse le pays.
LA SYNERGIE DE L’AES POUR PESER DANS LA GÉOSTRATÉGIE MONDIALE
L’éclat de la cérémonie a été considérablement rehaussé par la présence des invités d’honneur, premiers responsables de la Recherche des pays frères de l’Alliance des États du Sahel (AES) : le Burkina Faso et le Niger. Dans un monde contemporain régi par les rapports de force, le ministre a délivré un message de réalisme géopolitique lucide.
«Dans un contexte de mondialisation où le rapport de force forge le respect, où la technologie, l’innovation et les ressources minières d’une nation déterminent le poids de la coopération géostratégique, il devient impérieux de s’adapter et de se maintenir», a-t-il martelé. La recherche sahélienne se doit désormais d’être un bloc uni pour faire face aux défis communs et s’imposer sur l’échiquier mondial.
VERS UNE REFONDATION INSTITUTIONNELLE ET FINANCIÈRE
Conformément à la vision nationale «Mali kura ɲɛtaasira ka bεn san 2063 ma» et à la stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (2024-2033), le gouvernement s’engage à assurer un financement régulier et conséquent pour la recherche.
Le changement se veut également structurel. La célébration de la JRSA coïncide cette année avec l’ouverture de l’atelier inclusif de relecture et de validation des textes du CNRST, prévu du 30 juin au 2 juillet 2026. Cet atelier, associant les experts maliens, burkinabès et nigériens, doit poser les jalons d’une véritable refondation institutionnelle du centre national de recherche.
UN APPEL VIBRANT À L’ACTION POUR LES SCIENTIFIQUES
En concluant son allocution, le Professeur Bouréma Kansaye a lancé un vibrant appel aux enseignants-chercheurs, inventeurs, technologues et innovateurs : persévérer dans l’effort pour proposer des solutions concrètes et endogènes aux maux qui assaillent le Mali.
« J’ai la ferme conviction que le développement d’un pays passe par la recherche scientifique et je reste persuadé que les chercheurs maliens ont la capacité de leurs ambitions dès que les moyens accompagnent», a-t-il conclu sur une note d’espoir, saluant un Mali debout, sécurisé, et résolument tourné vers le progrès scientifique.
Rédaction EchosMedias
