Faire de l’eau un levier de souveraineté. C’est le message fort porté par le Mali ce 22 mars au CICB. À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, le Premier ministre Abdoulaye Maïga a réuni gouvernement, diplomates et partenaires, dont l’Ambassadrice d’Allemagne, Dre Corinna Fricke pour tracer une nouvelle feuille de route...

Entre urgence sociale et projets d’envergure, le pays s’attaque au défi d’une distribution juste pour tous.
Un droit constitutionnel en marche
Sous l’égide du Président de la Transition, le Colonel Assimi Goïta, la sécurité hydrique n’est plus une option, mais un impératif.

Elle s’impose désormais comme l’axe majeur du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG 2025-2026).
Libérer les femmes pour bâtir l’avenir
Pour le Premier ministre Abdoulaye Maïga, ce combat est avant tout social.

En éliminant la pénible «corvée d’eau», l’État mise sur l’émancipation des femmes et la scolarisation des filles. Les résultats sont là : grâce au déploiement massif d’infrastructures, le taux d’accès à l’eau potable a atteint 75,4 % en 2026. L’objectif final demeure l’accès universel d’ici 2030.

Horizon 2035 : Un nouveau cap stratégique


L’adoption, le 5 mars dernier, de la nouvelle Politique Nationale de l’Eau marque un tournant. Selon le ministre de l’Énergie et de l’Eau, le Professeur Tiémoko Traoré, cette stratégie d’ici 2035 s’articule autour de trois piliers :
Stabilité urbaine : Sécuriser l’approvisionnement à Bamako et dans huit grands pôles régionaux (Ségou, Sikasso, Kayes, etc.).


Offensive rurale : Installer 4 000 nouveaux points d’eau pour désenclaver les zones isolées.


Résilience : Instaurer une gestion intégrée face au stress hydrique et aux défis climatiques.

La vigilance citoyenne reste de mise
Malgré ces progrès, les défis persistent. Mme Selly Ouane, porte-parole de la CN-CIEPA/WASH, rappelle que 27 % de la population attendent encore ce service essentiel. La société civile exhorte au respect du «Pacte de durabilité 2026-2035», insistant sur le financement pérenne, la lutte contre la pollution et l’inclusion des femmes dans la gouvernance.


L’eau, vecteur de paix


Un constat partagé par la communauté internationale. Dre Corinna Fricke, Ambassadrice d’Allemagne, a souligné que la sécurité hydrique est le fondement de la paix sociale. Dans un Sahel sous pression, un partage équitable de l’eau constitue le meilleur rempart contre les conflits communautaires.


Un sursaut patriotique


La jeunesse universitaire malienne s’est également mobilisée à travers des concours de plaidoyers et des débats. Le message de cette journée est clair : préserver chaque goutte d’eau est un acte de patriotisme.

Au Mali, en 2026, la sauvegarde de «l’or bleu» est devenue un impératif de justice sociale et un devoir envers les générations futures.

Une visite de stands a mis fin à la cérémonie.


Aissetou Cissé

EchosMedias

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