Un mois après son investiture dans ses fonctions de nouveau chef de la Transition au Mali, le Colonel Assimi Goïta a, à la lumière des choses, remporté des victoires diplomatiques, sécuritaire et même sur le front social. Cependant, sur la question des élections, la cacophonie au sommet de l’Etat inquiète.

En visite à la Bourse du travail le 15 juin, le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, a pu se rendre compte de visu de la hargne des syndicalistes de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM). Au lieu d’obtenir la « trêve sociale » convoitée, Choguel, non sans être choqué, s’est retrouvé avec un ultimatum de dix jours pour satisfaire les revendications des syndicalistes. Faute de quoi, le pays sera paralysé.

La menace est prise au sérieux. Le 30 juin dernier, le Colonel Assimi Goïta s’est personnellement impliqué dans le dossier UNTM par le biais du très influent président du Haut Conseil Islamique du Mali, Ousmane Madani Haïdara. Une rencontre tripartite a eu lieu au palais de Koulouba sous la présidence du président de la transition. C’est l’une des rares fois où un locataire de Koulouba s’implique directement dans le dossier UNTM.

Sur le plan diplomatique, Assimi Goita marque des points. Le 26 juin dernier, le Chef de l’Etat malien reçoit son homologue Bissau guinéen, le Général Umaro Sissoco EMBALO, en visite d’amitié et de travail au Mali. C’est quasiment se jetant dans les bras l’un et l’autre que les deux militaires se sont dit au revoir.

Egalement, le déplacement du ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop,  à Kigali, tente de renforcer la coopération entre le Mali et le Rwanda incontournable sur la scène internationale.

Une percée diplomatique avec des répercussions sécuritaires.

En effet, après un mois de suspension, la France a annoncé, vendredi dernier, la reprise de sa coopération militaire avec le Mali. Une bonne nouvelle au moment où, dans le centre du Mali, des attaques contre les forces maliennes, françaises et onusiennes, s’accentuent.

Élections… un bémol

Du 29 au 30 juin, le Centre international de conférence de Bamako a abrité un atelier dit de réflexion sur la mise en place de l’Organe unique de gestion des élections. La classe politique y est invitée par le Premier ministre pour prendre part au débat sur les modalités de création de cet organe. A cette occasion, le Parena de Tièbilé Dramé s’illustre par sa force de proposition. Tout en décrivant point par point les modalités de mise en œuvre de l’organe, le Parena indique que la «création d’une structure de gestion des élections est possible dans le temps imparti » à la transition.

En dépit de ses propositions, le ministre de l’Administration territoriale proche de Kati, surprend l’opinion et le Chef du gouvernement en faisant croire à l’impossibilité de création d’un tel organe dans le délai imparti. « L’atelier au CICB a été piégé par le ministre de l’Administration territoriale», a critiqué Dr Ibrahim Sangho, expert reconnu sur les questions électorales. Plutôt que d’engager le débat sur le fond, des partis nouvellement créés « pour soutenir la transition » ont été invités. Comme dans une cour de récréation, ils ont crié pour empêcher les débats et dit non à l’organe unique de gestion des élections.

Alors qu’il a officiellement promis les élections à date, Assimi GOITA est régulièrement bercé par les femmes ‘’ très politisées’’ au camp à Kati qui chantent la prolongation de la transition. La sortie orchestrée des femmes de Kati, ajouté au rejet systématique de l’organe unique de gestion des élections, semble prédire les intentions politiques des colonels de Kati. Issa Kao Djim l’a dit et répété d’ores et déjà le candidat de «l’imperturbable Assimi Goita », est le candidat de son jeune parti.

Avec la mainmise de Kati sur l’administration par la forte militarisation au niveau des régions et des cercles, on comprend pourquoi le ministre de l’Administration territoriale veut être le seul maître d’œuvre des prochaines élections.

Mamadou TOGOLA

SOURCE : maliweb.net

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