
Vue d’immeubles en arrière-plan d’une rue du quartier de Gombe, à Kinshasa, en République démocratique du Congo, le 30 décembre 2023, avant l’annonce des résultats provisoires de l’élection présidentielle de décembre…
La République démocratique du Congo est en pourparlers avec l’administration Trump concernant l’accueil de personnes expulsées d’autres pays, ont déclaré à Reuters deux sources gouvernementales à Kinshasa, dans le cadre de ce qui serait le dernier d’une série d’accords de ce type conclus en Afrique.
Ces discussions, également décrites par trois sources onusiennes et deux diplomates informés par des responsables américains, soulignent le recours croissant de Washington aux expulsions par des pays tiers pour accélérer l’expulsion des migrants entrés ou restés aux États-Unis sans autorisation.
Ces accords sont souvent négociés discrètement, avec peu de détails publics divulgués sur leur portée ou leurs conditions.
Les pourparlers avec le Congo coïncident avec les efforts de l’administration Trump pour mettre en œuvre un accord de paix entre le Congo et le Rwanda et un accord garantissant l’accès des États-Unis aux minéraux critiques congolais.
DES EXPERTS JURIDIQUES CRITIQUENT LES ACCORDS AVEC DES PAYS TIERS
Les États-Unis ont renvoyé des personnes expulsées de pays tiers vers des pays africains, notamment le Ghana , le Cameroun , la Guinée équatoriale et l’Eswatini , ce qui a suscité des critiques de la part d’experts juridiques et de groupes de défense des droits humains quant au fondement juridique de ces transferts et au traitement réservé aux personnes expulsées envoyées dans des pays dont elles ne sont pas ressortissantes.
Certains migrants ont été renvoyés de force chez eux malgré une protection ordonnée par un tribunal américain censée empêcher cela.
Les négociations avec le Congo n’ont pas encore abouti à un accord et des points essentiels restent à régler, selon des sources congolaises. On ignore pour l’instant quand les premiers vols d’expulsion pourraient avoir lieu, combien de migrants seraient concernés et quelles seraient leurs nationalités.
On ignore également ce que le Congo recevrait, le cas échéant, en échange de l’accueil de personnes expulsées.
Une source au sein de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations Unies, au fait des discussions, a indiqué à Reuters que le plan pourrait concerner des migrants d’Amérique du Sud, notamment des Vénézuéliens.
Un porte-parole du département d’État a déclaré que Washington n’avait « aucun commentaire à faire sur les détails de ses communications diplomatiques avec d’autres gouvernements ».
Un porte-parole de la présidence congolaise n’a pas immédiatement répondu à notre demande de commentaires.
Source : Reuters
