De nos jours, la coopération économique entre les pays de l’Afrique de l’ouest et la Fédération de Russie se caractérise par une tendance au développement durable. Cela se manifeste dans la croissance des échanges commerciaux, dans la réalisation des projets, dans le domaine minier et énergétique, dans l’organisation des sommets pour le développement et la diversification des relations commerciales et des activités d’investissement…

Le troisième sommet Russie-Afrique est planifié pour les 28 et 29 octobre 2026 à Moscou. Le sommet peramettra de réaffirmer le statut de l’Afrique en tant qu’un des principaux centres clé dans la perspective géopolitique multipolaire. « L’Afrique est jeune, numériquement tournée vers l’avenir.

La Russie dispose de la technologique et de ressources. Ensemble ils peuvent devenir un nouveau pilier de l’équilibre mondial ».
Les pays d’Afrique de l’ouest ont une forte attractivité économique, car ils disposent d’importantes ressources naturelles et démographiques, disposent les possibilités pour le développement de l’agriculture.

En raison de l’instabilité sécuritaire dans certains pays africains, la coopération militaro-technique entre la Fédération de la Russie et les pays de l’Afrique de l’ouest mérite d’être soulignée. Selon la Banque mondiale, il est prévu que la croissance dans l’UEMOA atteint 5,9 % en 2026-2027.

Les règlements internationaux entre la Russie et les pays africains qui ont déjà été effectués par le biais de traders mondiaux, se sont révélés impossibles à partir de 2023 en raison de facteurs géopolitiques.

Ce problème a actualisé la question de l’amélioration du mécanisme de développement des relations à long terme entre les pays de la région de l’Afrique de l’ouest et de la Fédération de Russie. Avant le Sommet Russie-Afrique, il est important de développer des stratégies efficaces, orientées vers le développement des relations économiques russo-africaines dans les conditions modernes.

Un facteur efficace de développement de la coopération économique entre les pays d’Afrique de l’ouest et la Fédération de Russie est le développement d’infrastructure financière. Le développement d’infrastructure financière facilite les transactions internationales commerciales entre les entités économiques, y compris les flux d’investissement. 

Le sous-développement d’infrastructure financière ne permet pas d’atteindre le niveau souhaité de développement de partenariat économique entre les pays de l’Afrique de l’ouest et la Fédération de la Russie.

L’infrastructure financière est un ensemble de systèmes, de réseaux, d’institutions et de réglementations qui permettent aux acteurs économiques d’échanger des fonds et des actifs en toute sécurité et efficacement. Il constitue la base du système financier, y compris les mécanismes de paiement, les bourses et les infrastructures de marché. L’infrastructure financière est un moyen permettant la facilitation des transactions financière.

Elle regroupe les banques, les plateformes de transfert, le –cadre réglementaire qui régit les relations entre les différentes parties.

L’infrastructure financière est un système quasi stable d’institutions financières spécialisées interdépendantes opérant dans un environnement intégré d’information et de réglementation, capables, sous certaines conditions, d’obtenir un effet synergique dans le processus de médiation des relations économiques des entités économiques et des régulateurs pour l’accumulation, l’intermédiation, la réglementation et l’investissement des ressources financières destinées à répondre aux besoins, la sécurité financière et la compétitivité internationale du pays dans le contexte de la mondialisation.

Dans le cadre de la coopération économique entre la Russie et l’Afrique de l’ouest nous pouvons  spécifier l’infrastructure financière comme un système qui permet la faisabilité et la stabilité des échanges financiers  entre la Russie et l’Afrique de l’ouest tout en stimulant la coopération économique, donnant aux agents économiques la possibilité et l’assurance pour les échanges financiers en mettant également l’accent sur l’octroi des moyens adéquats à la disposition des établissements financiers.

Selon les données de la Banque Centrale russe, à la date du 01 février 2026 la Russie compte 305 banques et 48 établissements de crédits non bancaires.  Selon les données de la Banque Centrales des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), dans l’espace UEMOA nous avons 135 banques et 25 établissements financiers dont le Mali qui compte 14 banques et 3 établissements financiers.

Aucune de ces 305 banques russes n’a de messagerie directe avec une des 14 banques du Mali. Cela explique les difficultés de transaction financière entre les deux parties et crée des obstacles au développement de la coopération économique russo-ouest-africaine.

Une bonne organisation d’infrastructure financière permet d’effectuer rapidement des transactions entre les agents économiques, d’effectuer des accords d’investissement, d’assurer, de mettre en confiance les agents économiques.

La mise en place d’infrastructure financière permettant d’effectuer des opérations financières internationale est primordiale pour la coopération économique. Comme alternative tactique, la Russie et les pays de l’Afrique de l’ouest peuvent opter pour:

La création d’une banque commerciale commune pour stimuler le développement de l’activité économique entre la Russie et l’Afrique de l’ouest;

Les transferts interbancaires directs entre banques russes et banques d’Afrique de l’ouest;

La mise en place d’une structure financière interétatique pour la coopération économique entre la Russie et l’Afrique de l’ouest, qui permettra aux entités économiques d’effectuer des opérations dans l’assurance et l’efficacité;

Effectuer des paiements dans les monnaies nationales, sans passer par une autre banque intermédiaire.

Selon les banques ayant répondu à notre enquête, les problèmes rencontrés dans les transactions sur la Russie sont : la barrière linguistique, manque de correspondance entre les banques, la dépendance vis-à-vis des banques intermédiaires, l’intermédiaire d’une troisième devise dans les transactions, remboursement fréquent aux expéditeurs. 67% des banques interrogées estiment qu’il est approprié d’effectuer les transactions dans les monnaies nationales sans passer par d’autre taux de change croisés.

L’adhésion des banques africaines au système SPFS, développé par la Banque Centrale de la Russie, et qui est un analogue de SWIFT, permettra également d’assurer un échange sûr et ininterrompu de communications financières entre les banques, ce qui réduira l’impact des facteurs géopolitiques.

Actuellement, le développement de la coopération interbancaire internationale est l’un des facteurs clés du développement économique russo-ouest-africaine.

Ainsi, le développement de l’infrastructure financière est une condition nécessaire à la matérialisation des aspirations au développement des relations économiques entre les pays d’Afrique de l’ouest et la Russie.

L’analyse nous révèle que:
Pour le sommet Russia-Africa, il est nécessaire d’évoquer de vraies propositions pour le développement d’infrastructure financière et logistique;
Le développement de l’infrastructure financière peut se faire en deux (2) phases: la phase tactique et la phase stratégique. La phase stratégique consiste à mettre en place des centres de compensation (clearing).

Sans infrastructure financière et logistique, il est difficile de mettre en œuvre des partenariats internationaux et maintenant c’est le moment exact pour résoudre ces problèmes entre les pays d’Afrique occidentale et la Fédération de la Russie, parce que nous observons la volonté manifestée des deux parties de développer la coopération économique et la volonté des agents économiques de participer au développement des relations bilatérales.

Dans ces conditions, le développement d’infrastructure logistique et financière est synonyme de stimulation des échanges économiques.

Mamourou KONÉ

Économiste diplômé de la Fédération de Russie, Titulaire de formations supérieures spécialisées en management financier, économie d’entreprise, marchés sectoriels et activités de l’innovation.

Fondateur de RAFTRAS – plateforme B2B facilitant les échanges commerciaux entre la Russie et l’Afrique.

Site web: www.raftras.com
Initiateur et développeur de projets économiques dans le corridor Russie–Afrique de l’Ouest

Auteur de publications scientifiques en langue russe sur le développement durable des industries dans une économie ouverte ; la numérisation comme facteur de compétitivité du secteur industriel ; les enjeux majeurs du développement économique de la République du Mali.

E-mail: mamouroukone678@gmail.com
infos@raftras.com

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