
Les fonctions changent parfois les hommes. Elles leur donnent de la distance, modifient leur façon de parler et installent une certaine froideur. Chez Abdoul Kassim Fomba, ceux qui le fréquentent assurent que rien de tout cela ne s’est produit. Au grin, à la JCI, lors d’un baptême, d’un mariage ou d’une simple rencontre dans la rue, c’est toujours le même homme…
Un sourire sincère, une poignée de main chaleureuse, un mot gentil pour chacun et, surtout, ce rire franc qui met immédiatement les autres à l’aise. Beaucoup disent qu’il est impossible de le croiser sans repartir avec le sentiment d’avoir rencontré quelqu’un de profondément humain.
Ses proches racontent une autre particularité : lorsqu’il donne sa parole, il n’aime pas qu’on le relance. Si Fomba dit « oui », ce « oui » vaut engagement. Pour lui, la parole donnée est une dette d’honneur. Sa générosité est souvent évoquée, mais elle s’accompagne d’un principe auquel il ne déroge jamais.
À ceux qui sollicitent une faveur au détriment de l’intérêt public, sa réponse est toujours la même : « Les biens de l’État appartiennent à tous les Maliens. Je ne peux pas prendre ce qui appartient à la Nation pour faire plaisir à un proche. » Une conviction qui résume sa conception du service public. Ses amis aiment aussi le taquiner en le qualifiant de « pingre ». Lui en rit volontiers. Mais il répond avec son humour habituel que, s’il est pingre, ce n’est certainement pas avec l’argent de l’État.
Il refuse le gaspillage, déteste la dilapidation des deniers publics et estime que chaque franc économisé est un franc qui peut servir à construire une infrastructure, former un jeune ou soutenir une action utile. Finalement, cette prétendue pingrerie ressemble davantage à une rigueur de gestion qu’à un défaut. Il aime également rappeler que les responsabilités ne sont pas un privilège personnel.
Selon lui, sa nomination est d’abord une grâce de Dieu, puis la marque de la confiance que lui a accordée le Général d’Armée Assimi Goïta. Cette confiance, dit-il, se mérite chaque jour par le travail, la loyauté et les résultats. Ceux qui travaillent à ses côtés soulignent qu’il ne joue jamais un rôle.
Le ministre qu’ils voient dans les réunions est le même homme qu’ils retrouvent en dehors des bureaux : simple, accessible, respectueux et toujours disponible pour écouter. Homme de foi, il garde constamment à l’esprit que le pouvoir est éphémère, mais que les actes demeurent.
Le Saint Coran le rappelle dans la sourate Az-Zalzalah : « Quiconque fait le poids d’un atome de bien le verra, et quiconque fait le poids d’un atome de mal le verra. » (Coran 99, versets 7 et 8). Peut-être est-ce cette conviction qui explique son attitude quotidienne.
Car, au fond, la meilleure réputation ne se construit ni par les discours ni par les affiches, mais par les gestes répétés de respect, d’honnêteté et de fidélité aux valeurs que l’on revendique. C’est sans doute cela, les véritables coulisses de Fomba: un homme qui n’a pas laissé la fonction changer sa nature.
Sarata COULIBALY
Source Le Poing
