Entre exécutions ciblées de notables et afflux massif de réfugiés burkinabè, le Mali fait face à une double crise sécuritaire et humanitaire. Dans un cri d’alarme publié ce 1er juin 2026, la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) hausse le ton, interpelle le gouvernement et appelle la communauté internationale à l’aide avant l’asphyxie du Centre et du Nord du pays…


La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) a publié, ce lundi, deux communiqués majeurs pour dénoncer la dégradation sécuritaire dans le Nord et le Centre du Mali, tout en alertant sur une crise humanitaire émergente à la frontière burkinabè.

L’institution, dirigée par sa Présidente par intérim Me Aissata Founè Tembely, exprime son indignation face aux atteintes répétées aux droits fondamentaux, ciblant directement le droit à la vie et à la sécurité des populations.


Une vague d’assassinats ciblés dans le Nord et le Centre


Dans son communiqué N° 010-2026, la CNDH condamne vigoureusement le meurtre de deux figures locales, illustrant le mode opératoire asymétrique des groupes armés :
.  21 mai 2026 : L’assassinat ciblé de Monsieur Abdoul Salam Maïga, maître coranique à Tonka, dans la région de Tombouctou.
.  30 mai 2026 : L’exécution de Monsieur Habibou Yalcouyé, 1er Adjoint au Maire de la Commune de Kendié, dans la région de Bandiagara.


Face à ces actes, l’organisation rappelle à l’État son obligation constitutionnelle de protéger les citoyens en tout temps et en tout lieu. Elle exhorte les autorités à renforcer urgemment les dispositifs sécuritaires, en particulier sur les axes routiers. La CNDH appelle également la population à collaborer activement avec les Forces de défense et de sécurité (FDS).
Urgence humanitaire à Bandiagara : des milliers de réfugiés burkinabè

Le second communiqué (N° 011-2026) met en lumière une crise migratoire transfrontalière rapide. Depuis le 26 mai 2026, un afflux important de réfugiés en provenance du Burkina Faso a été enregistré dans les localités de Koro, Bankass et Bandiagara.

Ce groupe, composé majoritairement de femmes, d’enfants et de personnes âgées, se trouve dans une situation de vulnérabilité extrême et nécessite une assistance holistique urgente.


Si la CNDH salue les premières mesures d’accueil des autorités maliennes, elle insiste sur la responsabilité première de l’État de protéger toute personne sur son territoire. L’institution lance un appel pressant à la communauté internationale pour soutenir le gouvernement malien face à cette urgence humanitaire.


Elle conclut ses déclarations par un rappel essentiel : la protection des droits de l’Homme reste une responsabilité collective, car personne n’est à l’abri.
Aissetou CISSÉ

EchosMedias

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