
Contraint de fuir le Mali pour sauver sa vie, le militant Oumar Ganda Tounkara espère obtenir l’asile politique aux États-Unis. Dans un entretien exclusif accordé à notre rédaction, le natif de Kita, né en 1991, revient sur les graves menaces de mort qui le visent en raison de son combat frontal contre l’esclavage par ascendance…
L’enfer de l’esclavage par ascendance dans la région de Kita
Oumar Ganda Tounkara s’est engagé très tôt contre cette pratique féodale qui persiste dans sa communauté. Dans cette zone, le statut social traditionnel supplante encore parfois le droit républicain : des familles autoproclamées « nobles » y exercent une domination absolue sur celles reléguées au rang d’« esclaves ».
«Notre famille a longtemps subi l’esclavage par ascendance. Ce statut prive les victimes de tous leurs droits fondamentaux, y compris le droit à la vie», confiait le jeune homme avec gravité.
L’intellectuel devenu la cible des féodaux
C’est en 2013, en pleine crise multidimensionnelle au Mali, que ce diplômé entame son engagement citoyen. En lançant des campagnes de sensibilisation, il incite la jeunesse locale à rejeter la soumission et à revendiquer sa dignité.
Pour les tenants du système féodal, cet éveil des consciences fait de lui l’homme à abattre. Visé par des menaces de mort récurrentes dans un contexte où l’autorité de l’État est affaiblie, sa sécurité n’est plus garantie sur le sol malien.
Des persécutions confirmées par des témoins directs
Sur place, l’entourage du militant confirme la violence des persécutions. Plusieurs de ses proches et amis d’enfance affirment avoir assisté à des intimidations physiques et verbales orchestrées par des notables locaux.
Un ami d’enfance témoigne sous couvert d’anonymat : «Nous avons vu des hommes influents de la communauté le menacer directement chez lui. Son combat dérangeait un ordre établi depuis des siècles.» Les témoins sont formels : la fuite d’Oumar ne répond à aucun motif économique mais relève d’une pure question de survie.
Son entourage alerte d’une même voix qu’un retour forcé au Mali l’exposerait à une mort certaine.
Un appel à l’aide internationale
Face au danger immédiat, l’exil est devenu l’unique issue pour préserver sa vie. Parlant couramment le français et le bambara, le militant ambitionne désormais d’obtenir l’asile politique aux États-Unis.
Son objectif est d’y décrocher le droit de travailler légalement pour rebâtir sa vie, loin des violences féodales qu’il a courageusement dénoncées.
Aissetou CISSÉ
EchosMedias
