Le Vivier d’expertise féminin et ses partenaires ont tenu un atelier de capitalisation pour dresser le bilan de trois années d’initiatives inclusives. Financé par le programme «Promouvoir une paix durable au Mali» (PPDM), ce projet a transformé la vie de nombreuses personnes à besoins spécifiques…

L’événement s’est déroulé le vendredi 26 juin 2026 au siège de l’APJEC, sis à Magnambougou Faso-Kanu.
Passer du statut de personne marginalisée à celui d’actrice du changement : c’est le pari réussi par le Vivier d’expertise féminin pour le développement, la prévention et la gestion des conflits.

L’organisation a réuni ses partenaires pour collecter les bonnes pratiques et mesurer l’impact réel des actions de cohésion sociale et d’inclusion menées sur le terrain.

Ce travail de fond bénéficie du soutien technique et financier du programme PPDM, mis en œuvre par l’ONG Orfed en partenariat avec la coopération allemande (EIRENE). Pour Souleymane Koné, responsable thématique au sein du PPDM, cette collaboration structurante a permis de mener des actions concrètes de prévention des conflits.

Substituer la «vulnérabilité» par les «besoins spécifiques»

Le programme cible des groupes traditionnellement marginalisés. Parmi eux figurent les femmes victimes de fistules obstétricales, les élèves malvoyants de l’Institut des jeunes aveugles (IJA) via l’UMAV, et les personnes atteintes d’albinisme représentées par l’association SOS Albinos.

Pour Assétou Founé Samaké, chargée à l’organisation du Vivier, le choix des mots porte un message politique fort : «Nous parlons de personnes à besoins spécifiques plutôt que de vulnérabilité, car cela renvoie à une autre dimension.»

Le succès de l’initiative repose sur la co-construction et des approches sur-mesure :

– Pour les personnes atteintes d’albinisme : Des campagnes de sensibilisation en milieu scolaire ont déconstruit les préjugés pour favoriser une cohabitation harmonieuse.

– Pour les élèves de l’IJA : Les formats des activités ont été rigoureusement adaptés à leur handicap visuel.

– Pour les victimes de fistules : Des causeries-débats ont brisé les tabous, restauré l’estime de soi et libéré la parole.

Des trajectoires de vie bouleversées

Le changement le plus spectaculaire s’observe chez les femmes autrefois repliées sur elles-mêmes en raison de la fistule obstétricale. Aujourd’hui, elles maîtrisent la prise de parole en public et sensibilisent des assemblées entières.

Mme Awa Koné, bénéficiaire du projet, témoigne : «Grâce au Vivier, nous avons appris à nous exprimer librement. La maladie n’est plus un tabou au sein de notre groupe du Point G. La semaine dernière à Hamdallaye, notre réseau a détecté une nouvelle victime. Elle a été immédiatement prise en charge et sa chirurgie est déjà programmée.» Une transformation saluée par Mme Samaké, qui qualifie d’immense ce passage du statut de victime à celui d’actrice de santé communautaire.

Le constat est partagé par Aboubacar Fakara Sissoko, un bénéficiaire vivant avec l’albinisme : «Ces années de partenariat nous ont permis d’acquérir de solides compétences. Grâce aux formations, nous avons désormais l’assurance nécessaire pour faire entendre notre voix partout.»

Modéliser les réussites pour l’avenir

Malgré les défis initiaux liés à la gestion de besoins complexes et changeants, le bilan est hautement positif.

L’enjeu actuel est de consigner ces méthodes réussies afin qu’elles servent de modèles pour les futurs programmes de développement au Mali.
Souleymane Koné a salué une collaboration harmonieuse aux résultats tangibles.

Il encourage le Vivier d’expertise féminin à persévérer dans cette dynamique, tout en renforçant la préparation technique des activités pour maximiser l’impact des prochaines étapes en faveur du vivre-ensemble.
Aissetou CISSÉ

EchosMedias

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