
Alors que le Mali s’apprête à célébrer la Journée mondiale de l’eau 2026 sous le signe de l’équité, le pays passe à l’offensive pour protéger son « or bleu ». Entre la finalisation d’un nouveau Code de l’eau et l’annonce imminente d’une brigade spéciale contre la pollution minière, les autorités et les acteurs du secteur WASH se mobilisent…
L’objectif est de transformer ce droit constitutionnel en une réalité concrète pour tous les Maliens, des rives du Niger aux zones les plus reculées


Sous le slogan « L’eau, source d’égalité », l’édition 2026 de la Journée mondiale de l’eau au Mali met l’accent sur l’équité de genre.
En prélude aux festivités du 22 mars, les acteurs du secteur, menés par Sékou Diarra, Directeur national de l’hydraulique et ses partenaires (WaterAid, CN-CIEPA), ont rappelé la nécessité de briser le paradoxe actuel : les femmes utilisent l’eau au quotidien, mais ne participent que rarement aux décisions stratégiques.

«L’eau est précieuse car elle est limitée », a rappelé Sékou Diarra, insistant sur le fait que moins de 3 % de l’eau mondiale est douce.
Alors que les besoins de la population explosent, la pression sur les écosystèmes s’intensifie. Pour répondre à ce défi, les autorités maliennes misent sur deux leviers majeurs : la modernisation du cadre législatif via la révision du Code de l’eau — actuellement finalisé à 95 % — et une lutte de terrain contre la pollution minière.
Un tournant décisif sera marqué par la création imminente d’une brigade spéciale dédiée à la surveillance des cours d’eau face aux activités d’orpaillage.
Plusieurs activités marqueront cette édition 2026 : campagnes de sensibilisation, course de pirogues, concours d’éloquence et de storytelling, panels de haut niveau et expositions. Enfin, un atelier de restitution de l’édition 2025 est programmé pour le 16 avril 2026, afin de capitaliser sur les acquis précédents.
Le directeur exécutif de la CN-CIEPA, M. Tabalaba a souligné les implications de la constitutionnalisation du droit à l’eau au Mali. Selon lui, ce cadre juridique impose une obligation de résultats à l’État et aux autorités locales, sous peine de poursuites judiciaires. Il insiste sur le fait que l’effectivité de ce droit repose sur l’application rigoureuse des lois et l’allocation de ressources financières suffisantes aux infrastructures d’assainissement.
Les acteurs se félicitent des progrès réalisés, notamment en matière de mécanismes de gestion et de positionnement du Mali comme pays pionnier dans certaines initiatives du secteur WASH. « Chaque édition de la Journée mondiale de l’eau est une opportunité de faire le bilan et de mesurer les progrès accomplis », a-t-il indiqué.
Pour Ali Sow, représentant de WaterAid Mali, l’heure est à l’urgence.
À quatre ans de l’échéance des ODD, il souligne que la raréfaction des financements, aggravée par le contexte géopolitique, freine l’accès universel à l’eau. Au-delà des moyens financiers, il appelle à une meilleure synergie entre les acteurs, laquelle repose sur l’unification des données pour garantir des interventions plus inclusives.

Partenaire historique de l’initiative, WaterAid Mali — qui a porté l’événement avant d’en confier le pilotage à la Direction nationale de l’hydraulique en 2018 — réaffirme son engagement et plaide pour une accélération des efforts.
« Plus qu’une célébration, ce rendez-vous de mars 2026 sonne comme une mobilisation générale. Des piroguiers aux décideurs, c’est tout un peuple qui se lève pour revendiquer un accès équitable à la ressource. Pour le Mali, l’enjeu est clair : réussir le pari de l’eau pour tous, c’est garantir la santé publique et bâtir un avenir plus juste. Le compte à rebours est lancé pour faire de l’eau une source de vie, mais aussi de dignité. »
Aissetou Cissé
EchosMedias
