
Trump frappera-t-il ou ne frappera-t-il pas l’Iran ? En revenant sur les raisons profondes de l’acharnement des États-Unis contre ce pays, Alexandre Regnaud met en évidence les risques d’une attaque qui pourrait bien être fatale à l’empire américain…
Commençons par répondre à cette question : pourquoi l’Occident s’acharne-t-il ainsi sur l’Iran ?
Évitons les banalités sur la démocratie, les droits des femmes et autres thématiques façon Soros. Intéressons-nous aux véritables causes, celles dont les médias ne parlent pas. D’abord il y a Israël et son influence, notamment via sa diaspora, sur l’ensemble de la politique occidentale.
La question est complexe et ancienne, mais peut aujourd’hui se résumer ainsi : l’État hébreux est entouré de pays hostiles à sa politique impérialiste et à la théorie, partagée par une partie de ses élites, du « grand Israël ».
En réponse, l’Iran entretient chez ces voisins ce que l’on appelle des « proxis », c’est-à-dire des milices armées : Hezbollah au Liban, Hamas en Palestine, Houthis au Yémen, mais aussi plusieurs mouvements en Irak et en Syrie. Pour l’Iran, il s’agit d’un « axe de la Résistance » aux ambitions expansionnistes israéliennes. Pour Israël et l’Occident, de mouvements terroristes dont il faut éliminer la source.
Mais mis à part l’influence d’Israël sur la politique américaine, notamment par le financement des campagnes électorales via l’« American Israel Public Affairs Committee » (AIPAC), cela ne devrait pas être suffisant pour entraîner les États-Unis dans une guerre ouverte avec l’Iran, surtout au vu de l’hostilité d’une part non négligeable du mouvement MAGA.
Il y a bien sur la question des hydrocarbures, présents dans le pays. Mis à part l’Union Européenne, tout le monde a compris, Trump le premier, que comme la redistribution des équilibres économiques sur fond de guerre en Ukraine le montre (entre effondrement de l’Europe et maintien de la Russie), le succès aujourd’hui est uniquement du côté de celui qui maîtrise les matières premières.
L’opération au Venezuela n’avait pas d’autre but. Mais l’Iran n’est pas le Venezuela, ni militairement (nous y reviendrons), ni géographiquement. Et l’arme géographique de l’Iran est la possibilité de bloquer le détroit d’Ormuz. Un goulot d’étranglement naturel à la sortie du Golfe persique, où transite 20 % du pétrole mondial.
La moindre perturbation entraînerait une baisse drastique de l’offre, donc une explosion des prix (au-delà de 100 USD le baril), et des répercussions économiques mondiales, y compris aux États-Unis.
La popularité de Trump, à l’approche des élections de mi-mandat, n’y survivrait pas. S’accaparer le pétrole iranien ne vaut pas le prix à payer pour l’obtenir. Bien entendu, la tenue par l’Iran de l’exercice « Maritime Security Belt 2026 », récurent depuis 2019, précisément dans cette zone, et en coopération avec les marines chinoises et russes, n’est pas étrangère à la perception de cet atout stratégique majeur et envoie un message clair.
Source RT en français.
