La musique malienne vient de perdre l’une de ses voix les plus singulières et engagées. L’artiste Modibo Diarra, plus connu sous le nom de scène Van Baxy, s’est éteint hier à Bamako des suites d’une maladie, à l’âge de 38 ans. Tombée très tôt dans la matinée, la nouvelle de sa disparition s’est répandue comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux, plongeant ses fans, la jeunesse et l’ensemble de la communauté artistique dans un profond désarroi…


Un style inimitable et un engagement moral fort

Apparu dans le milieu musical au début des années 2000, Van Baxy à la fois rappeur, auteur-compositeur et producteur, s’est imposé par un timbre vocal unique et un style profondément ancré dans les réalités socioculturelles du Mali. Originaire du village de Dièna, dans la région de Ségou, il considérait l’art comme un vecteur d’éducation civique et morale.

À travers des textes ciselés, l’artiste mettait un point d’honneur à promouvoir les valeurs familiales, le respect des traditions et la sauvegarde de l’éducation sociale.
Après des années de travail sur scène, il concrétise son empreinte musicale en 2019 avec la sortie de son tout premier album, «Hakili Diaka Bo».

Fort de 14 titres, cet opus rencontre un succès retentissant et propulse l’artiste au devant de la scène culturelle nationale. Parmi ses œuvres marquantes figurent également : «Le Mali», un titre patriotique vibrant, directement inspiré de l’héritage légendaire du griot Bazoumana Sissoko ;
« Bamako Sigui » : un morceau populaire enregistré en collaboration avec la chanteuse Matta Diarra ;
«Hakili Diaka Bo» : le titre éponyme qui a scellé sa notoriété auprès du grand public.

La consternation du monde artistique

La brutale disparition de Van Baxy suscite une vague d’émotion unanime. Son ami proche et fidèle collaborateur, l’artiste Mamadou Dembélé dit Dabara, a exprimé sa douleur face à ce qu’il qualifie de perte immense pour le patrimoine musical national : «Je retiens de lui un homme profondément dévoué à l’éducation des enfants et au civisme. Pour Van Baxy, la musique n’était pas un simple divertissement, mais une véritable école de la vie.»

Même consternation du côté des institutions culturelles. Youssouf Sissoko, président de l’Association des artistes et musiciens du Mali (AAMMA), a salué la mémoire d’un créateur infatigable :
«Nous perdons un frère talentueux et viscéralement attaché à son pays. Nous avions concrétisé de nombreux projets ensemble et travaillions encore sur de nouvelles initiations, mais le Tout-Puissant en a décidé autrement.»


Les funérailles de l’artiste se sont déroulées hier après-midi à Magnambougou Bamako, entourées par la ferveur de ses proches, de ses pairs et de ses admirateurs venus lui rendre un dernier hommage. Van Baxy laisse derrière lui des orphelins et le souvenir d’un artiste intègre qui aura dédié sa vie à l’éveil des consciences par la force du verbe et le rythme de la musique.

Rédaction EchosMedias

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