Les pédagogues tiennent au fameux article 39 comme à la prunelle de leurs yeux et restent vent debout. Pourtant, les pouvoirs publics ont précisé qu’ils n’ont nullement l’intention d’abroger cette disposition législative. Le ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, Mme Diawara Aoua Paul Diallo, a rencontré le jeudi 22 juillet 2021 les leaders des syndicats de l’éducation signataires du protocole d’accord du 15 octobre 2016.

Les discussions ont porté sur la rétention des notes et le boycott des examens scolaires de fin d’année déclenchés depuis le 1er juillet après l’adoption par le conseil des ministres du 30 juin dernier, de la loi portant grille indiciaire unifiée des militaires, des personnels relevant des statuts des fonctionnaires de l’état, des collectivités territoriales et des statuts autonomes. Le 16 juillet, le président de la Transition et le Premier ministre ont signé une ordonnance relative à cette loi.

Selon les syndicats de l’éducation, la loi portant grille indiciaire unifiée remet en cause les acquis de l’article 39 de la loi n° 2018-007 du 16 janvier 2018 portant statut du personnel des enseignements secondaire, fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale. Autrement dit, elle l’abroge purement et simplement.

La partie gouvernementale a exposé aux enseignants de la Synergie sa vision de l’amélioration des conditions de vie et de travail de tous les fonctionnaires dans l’équité. Elle leur a également exposé un tableau comparatif des indices de l’application de la grille unifiée par rapport à la grille des enseignants. Il ressort des analyses qu’avec l’application de la grille unifiée, la quasi-totalité des enseignants des catégories B et C bénéficieraient d’une majoration à l’exception des enseignants des classes 1ère et exceptionnelle de la classe A.

À ce propos, le gouvernement a proposé des alternatives afin que ces deux catégories d’enseignants ne puissent pas perdre des points. La première alternative est de faire avancer la 1ère classe et la classe exceptionnelle de la catégorie A des enseignants à un échelon immédiatement supérieur pour compenser la perte d’indice due à l’uniformisation.
La seconde alternative est de renégocier une prime spéciale pour compenser les pertes de points d’indice dues à l’uniformisation des salaires.

Dans ce schéma, les enseignants de la catégorie A évolueront comme suit : ceux qui sont à l’échelon 1 et 2è classe avanceraient à l’échelon 1 et 3è classe. Ainsi leur indice recorrigé après l’avancement consenti évoluerait de 1082 à 1142, soit un gain de +60 points. Les enseignants qui sont à l’échelon 1 et 3è classe passeraient à la classe exceptionnelle 1-1.

Ainsi l’indice de ceux-ci recorrigé après l’avancement consenti évoluerait de 1160 à 1232, soit un gain de +72 points. Ceux qui sont à l’échelon 2 passeraient à la classe exceptionnelle à l’échelon 3. Ainsi l’indice de ces pédagogues recorrigé après l’avancement reste sans changement à 1382.

Le porte-parole de la Synergie des enseignants, Ousmane Almoudou, a promis de partager les propositions du gouvernement avec sa base. Ce qui a été fait quelques jours après. Mais on constate que la base n’a pas été convaincue par les explications du gouvernement.

En conséquence, les responsables des syndicats de l’éducation signataires du protocole d’accord du 15 octobre 2016 ont déposé avant hier lundi sur la table du gouvernement un préavis de grève de 12 jours allant du lundi 9 au jeudi 12 août 2021. Il est reconductible du lundi 16 au mercredi 18 août 2021. Le débrayage pourrait se poursuivre du lundi 23 au vendredi 27 août 2021 si les doléances ne sont pas satisfaites.

Lors de sa rencontre avec une délégation du Parlement des enfants, lundi dernier autour de la tenue des examens de fin d’année, le Premier ministre a renouvelé l’attachement des autorités à résoudre tous les problèmes récurrents. Pour Dr Choguel Kokalla Maïga, l’harmonisation de la grille est une sorte d’équité pour la justice sociale. Dans la foulée, le chef du gouvernement a tenu à préciser qu’aucun texte n’abroge l’article 39. Mieux Dr Choguel Kokalla Maïga a donné l’assurance que cette disposition ne sera pas abrogée. «C’est un acquis pour les syndicats», a-t-il souligné, tout en donnant l’assurance que les examens scolaires se tiendront comme prévu.

Au terme de la rencontre, le président du Parlement des enfants s’est dit rassuré par les explications du chef du gouvernement. «Nous sortons très optimistes parce que dans son discours, il n’a cessé de nous dire que l’année scolaire n’est pas en danger et qu’il y aurait une solution aux problèmes», a indiqué Nouhoum Chérif Haïdara.

Sidi Y. WAGUÉ
Bembablin DOUMBIA

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Source: Essor

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