Réunie au centre Togola de Sabalibougou, la communauté dogon a célébré, le mardi 22 septembre 2026, la première édition de la Journée de Tôrô. Consacrée à la préservation et à la valorisation du patrimoine culturel malien, cette initiative a mobilisé de nombreuses personnalités autour de la transmission des traditions…

Placée sous le thème  «Préserver, transmettre et valoriser nos rites, danses et valeurs culturelles», cette journée a mis à l’honneur les rites, danses, chants, savoir-faire et valeurs traditionnelles du terroir du Tôrô, dans le pays dogon.

Organisée par la plateforme Écosystème des Volontaires pour la Conservation, la Promotion et la Transmission du Patrimoine Culturel, la manifestation entend créer un espace de rencontre entre les générations et contribuer à la sauvegarde d’un patrimoine culturel confronté aux défis de la modernité et à la rupture progressive de la transmission.

Pour les organisateurs, le Tôrô ne se résume pas à un rite ou à une danse. Il renvoie également à un terroir dont la géographie, l’histoire et les modes de vie ont contribué à façonner des pratiques culturelles spécifiques.

La cérémonie a également été marquée par un hommage aux soldats tombés pour la défense de la patrie ainsi qu’aux victimes civiles et militaires, suivi d’un moment de recueillement.

Marraine de cette première édition, MTapily Salimata Tapily a insisté sur l’importance du devoir de mémoire et de la transmission des traditions.
Dans un discours empreint d’émotion, elle a appelé la jeunesse à s’approprier ce patrimoine immatériel afin d’en devenir, à son tour, l’une des gardiennes.

Elle a également salué l’engagement de la plateforme Écosystème des Volontaires pour la Conservation, la Promotion et la Transmission du Patrimoine Culturel.

Elle a particulièrement rendu hommage au coordinateur de la structure, non moins président de la commissiond’organisation Assigué Dolo, pour son engagement en faveur de la conservation et de la transmission de la culture dogon, notamment entre le terroir d’origine et le milieu urbain.

Parrain de l’événement, Youssouf Dolo a invité la communauté dogon à poursuivre ses efforts sur la voie de l’excellence dans les différents secteurs d’activité.

Au-delà de la réussite professionnelle, il a souligné l’importance de préserver et de promouvoir l’identité culturelle dogon afin qu’elle puisse continuer à se transmettre aux générations futures.

Invité d’honneur de la journée, le Pr Denis Dougnon, anthropologue et ancien cadre de l’Éducation nationale, a abordé la profondeur de la culture dogon à travers le chant et la danse.

Selon lui, le rythme musical constitue un important vecteur de transmission de la mémoire collective et participe à l’organisation sociale. Évoquant la diversité des pratiques culturelles de la falaise, communément désignée comme la Guina Dogon, il a appelé les jeunes et les responsables communautaires à œuvrer à la préservation de ce patrimoine.

S’inspirant de la pensée d’madou Hampâté Bâ, il a également souligné que la diversité interne du monde dogon pouvait contribuer à renforcer l’unité, plutôt qu’à favoriser le repli sur des identités locales.

Au-delà de la célébration des traditions, la Journée de Tôrô se veut un cadre de dialogue, de partage et de transmission réunissant anciens, jeunes, détenteurs de traditions, artistes et acteurs culturels.

Le président Dolo a, au nom des jeunes promoteurs de l’initiative ambitionnent ainsi de faire de la culture un vecteur de cohésion sociale et un moyen de renforcer les liens entre les générations et les communautés.

Au nom du maire de la Commune V, « Amadou Ouattara », son représentant a exprimé sa gratitude au chef de l’État, le général d’Armée « Assimi Goïta ». Il a rappelé la place du pays dogon et de l’agriculture dans l’économie rurale malienne, tout en appelant la population à protéger ce patrimoine culturel.
Il a également adressé ses vœux de succès aux forces armées engagées dans la lutte contre les groupes armés.

En marge des interventions officielles, la journée a été ponctuée de plusieurs activités culturelles et artistiques. Le public a notamment assisté à la prestation de la « troupe Ayem Iré », à un spectacle de slam porté par « L’Héritière de la Falaise », ainsi qu’à des présentations et dégustations culinaires.


En effet, une exposition consacrée aux céréales et aux légumes a également permis de mettre en valeur les produits du terroir.

Parmi les mets présentés figuraient notamment le dessert à base de crème de mil et le Sadi.

La journée s’est poursuivie avec une « soirée artistique », offrant aux participants un moment supplémentaire de partage et de célébration autour de la musique, de la danse et des expressions culturelles.

À travers cette première édition, les organisateurs ont exprimé leur volonté d’inscrire la Journée de Tôrô dans la durée et d’en faire un rendez-vous culturel régulier.

Ils ont adressé leurs remerciements au parrain « Youssouf DOLO », à la marraine « Salimata TAPILY TAPILY », aux cofondateurs, au comité d’organisation, ainsi qu’aux autorités, associations, artistes, détenteurs de traditions, bénévoles et partenaires ayant contribué à la réussite de l’événement.
L’ambition affichée est de faire grandir progressivement cette initiative et, à terme, de l’étendre à d’autres localités du Mali.

Cette première édition de la Journée de Tôrô aura ainsi permis de placer la transmission du patrimoine au cœur d’une rencontre entre tradition et modernité, avec un message central : préserver les racines culturelles tout en préparant leur transmission aux générations futures.
Aissetou CISSÉ

EchosMedias

Previous post Burkina Faso : le SITHO 2026 ouvre ses portes sous le signe du financement du tourisme
Next post RDC : les Léopards décorés après leur parcours historique au Mondial 2026