En 2024, le gouvernement guinéen a lancé un vaste programme dénommé «Programme national de recrutement massif d’enseignants-chercheurs (PhD)».
Ce projet a pour objectif principal de transformer l’enseignement supérieur guinéen en un système de qualité, capable de former, d’innover et d’attirer à l’échelle régionale…


De manière spécifique, il vise à :


1. combler un manque urgent d’enseignants ;

2. améliorer la qualité des universités ;

3. renforcer la recherche ;

4. positionner la Guinée comme un acteur académique majeur en Afrique de l’Ouest.

À cet effet, le ministère de l’Enseignement supérieur guinéen a lancé des appels à candidatures officiels. Il en ressort que le recrutement est ouvert à tous les titulaires de doctorat, qu’ils soient de nationalité guinéenne ou étrangère.

C’est dans ce contexte que le projet a suscité un fort engouement à l’échelle internationale. La Guinée faisant face à un déficit important de titulaires de doctorat, des enseignants-chercheurs provenant de pays voisins tels que le Sénégal, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Togo, ainsi que d’autres régions du monde, ont postulé et ont été recrutés.

Cette situation est perçue par certains comme une fuite des cerveaux, tandis que d’autres y voient une simple mobilité académique, largement encouragée dans ce corps de métier.

S’agissant du Mali, une vingtaine de docteurs ont été retenus selon les résultats publiés lors de la deuxième vague de recrutement. Rappelons que lors de la première vague, nous avons entendu de problème.

Cette fois-ci, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer, sous divers arguments, ce qu’elles considèrent comme une fuite des enseignants-chercheurs maliens vers la Guinée.

Selon notre analyse, en temps normal, les enseignants-chercheurs disposent d’une certaine liberté qui leur permet une mobilité aussi bien nationale qu’internationale.

Cette mobilité se justifie par des activités pédagogiques, scientifiques et de recherche, bénéfiques à la fois pour les enseignants, les chercheurs, les étudiants et les pays concernés.

Elle favorise notamment le partage des résultats, des méthodes et des expériences à travers les voyages d’études, les soutenances de thèses, les colloques, les séminaires et les journées scientifiques.

De plus, les pays susmentionnés partagent un cadre commun : l’espace CAMES, qui constitue un espace d’intégration, d’harmonisation et d’évaluation par les pairs.

Cependant, le problème semble se poser davantage en termes de procédures, d’approches et de méthodes employées.

En effet, il existait déjà des partenariats entre certaines universités guinéennes et maliennes, permettant aux enseignants-chercheurs maliens de se déplacer en Guinée pour enseigner et partager leur expertise sans difficulté.

Cette fois-ci, il semble que ces mécanismes n’aient pas été pleinement respectés. C’est pourquoi des pays comme le Mali et le Sénégal ont exprimé de vives préoccupations.

En termes de solution, il conviendrait de revenir aux textes régissant les universités, qui leur permettent de conclure librement des partenariats.

Dans ce cadre, elles pourraient, en cas de besoin, mettre à disposition des enseignants-chercheurs pour une durée déterminée, sur la base d’accords dûment signés par les recteurs et accompagnés d’ordres de mission en bonne et due forme.


En définitive, nous pouvons affirmer que si le fond de l’initiative est pertinent, la forme, quant à elle, a fait défaut.

Dr Laya Amadou GUINDO, Enseignant-chercheur

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