
Bamako intensifie ses efforts pour sécuriser les parcours migratoires. Sous l’impulsion du ministère des Maliens établis à l’Extérieur, un atelier stratégique s’est ouvert pour redynamiser le Mécanisme national de référencement (MNR), avec un mot d’ordre clair : étendre la protection au-delà des villes, directement dans les zones frontalières…
Le gouvernement malien passe à la vitesse supérieure dans la protection des personnes les plus fragiles face aux drames de la migration. Le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher, a présidé cette semaine l’ouverture d’un atelier technique crucial.
L’OBJECTIF ?
Réviser et rendre pleinement opérationnel le Mécanisme national de référencement (MNR), l’outil phare de l’État pour prendre en charge les migrants vulnérables et les victimes de la traite des êtres humains.
L’événement a rassemblé un large front d’acteurs : le chef de mission de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), des représentants ministériels, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des experts de la société civile. Une mobilisation générale rendue urgente par l’intensification des flux migratoires et la complexification des risques encourus par les migrants.
UN BILAN SOLIDE À CONSOLIDER
Depuis son introduction en 2021, le MNR a permis de structurer la réponse humanitaire et étatique du Mali. En clarifiant les rôles de chaque intervenant, ce dispositif a grandement amélioré la coordination des secours et de l’accompagnement institutionnel.
Mais face aux nouvelles réalités du terrain, le statu quo n’est plus une option. Le ministre Mossa Ag Attaher a réaffirmé la volonté ferme du gouvernement de renforcer l’ancrage institutionnel du MNR. L’ambition est d’en faire la boussole incontournable pour l’orientation, la protection et la réintégration réussie des migrants, en connectant directement ce mécanisme aux politiques nationales de santé publique, de protection sociale et de développement.
CAP SUR LES FRONTIÈRES : TERRITORIALISER LA PROTECTION
Le grand défi de cette réforme réside dans la décentralisation de l’aide. Les drames migratoires et les vulnérabilités ne se jouent pas dans la capitale, mais bien aux portes du pays.
«Nous voulons que ce dispositif ne demeure pas l’apanage des grands centres urbains. Il doit se déployer au plus près des populations, en synergie avec les collectivités territoriales et les services déconcentrés», a martelé le ministre Mossa Ag Attaher.
Pour le chef du département, la complexité de la crise migratoire impose une approche holistique. Le succès du MNR reposera désormais sur la capacité de l’État et de ses partenaires à briser les silos pour faire converger toutes les expertises : de la sécurité à la justice, en passant par la santé et le développement local.
UNE FEUILLE DE ROUTE POUR L’AVENIR
Durant deux jours de travaux intensifs, les participants se sont attelés à, actualiser les orientations stratégiques du mécanisme face aux nouveaux réseaux de traite.
CAPITALISER SUR LES RÉUSSITES ET LES ACQUIS CAPITALISÉS DEPUIS 2021.
Élaborer une feuille de route opérationnelle et agile, adaptée aux réalités transfrontalières.
Enclavant les débats, le ministre a lancé un appel vibrant à une action collective, intégrée et intersectorielle. Face à la détresse des migrants vulnérables, le Mali fait le choix d’une réponse durable, cohérente et résolument ancrée sur le terrain.
B.M COULIBALY
EchosMedias
