Le Secrétariat permanent de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE Mali) a réuni les professionnels des médias ce mercredi 17 juin pour un atelier de dissémination de son rapport annuel. Présidée par Mme Rakiatou Arbi, conseillère technique et représentante du ministre des Mines, cette rencontre a mis en lumière l’impact colossal et grandissant de l’industrie extractive sur l’économie nationale…

LES CHIFFRES CLÉS DE L’IMPACT MINIER

Les données, rigoureusement collectées auprès de 37 entreprises extractives du pays, confirment le rôle de locomotive économique joué par le secteur.

INDICATEUR ÉCONOMIQUE

Part du secteur minier
Produit Intérieur Brut (PIB)9,5 %
Recettes fiscales de l’État40,9 %
Recettes d’exportation78,8 %

Sur un total de 1 023 milliards FCFA de revenus générés par le secteur extractif, le Trésor public a directement encaissé 978 milliards FCFA. Fidèle à sa mission de redistribution, l’État a reversé 97 % de cette somme dans le budget national.

De plus, le développement local n’a pas été en reste : 10,56 milliards FCFA (soit 1,1 % des collectes) ont été versés au titre de la patente aux collectivités territoriales de Kayes, Sikasso, Koulikoro et Bougouni.

«Les ressources minières du pays appartiennent à l’ensemble de la population. L’exploitation et la gestion de ces ressources doivent être faites dans la transparence et la redevabilité absolues.»

Mme Rakiatou Arbi, Conseillère technique au ministère des Mines

«L’OR BRILLE ENFIN POUR LES MALIENS»

Face aux journalistes, le Secrétaire permanent de l’ITIE Mali, Boureima Cissé, a tenu à déconstruire certains vieux clichés.

Soutien à la souveraineté : « Le discours selon lequel l’or ne brille pas pour les Maliens doit désormais être relativisé », a-t-il martelé, rappelant notamment que la montée en puissance de l’armée malienne, fierté nationale, est en partie financée par les revenus aurifères.

Effets post-audit : Interrogé sur l’efficacité des réformes, M. Cissé s’est montré catégorique : « Depuis le récent audit du secteur minier, l’argent rentre dans les caisses, même si sa répartition peut faire l’objet de débat entre citoyens.»

LES DÉFIS À RELEVER : VERS UNE MEILLEURE GOUVERNANCE

Malgré ces performances historiques, le rapport de l’ITIE ne cache pas les zones d’ombre et formule des recommandations cruciales pour l’avenir du secteur :
Régulation de l’artisanat minier : Le ministère des Mines est pressé d’opérationnaliser le fonds de réhabilitation et de sécurisation des sites artisanaux.

Protection de l’environnement : L’accent doit être mis sur le renforcement de la lutte contre l’usage de produits chimiques prohibés.

Création d’un Comptoir National d’Achat d’Or, c’est le principal point noir soulevé par le rapport. L’absence d’une telle structure limite l’encadrement de la commercialisation de l’or artisanal, alimente les circuits informels et nuit gravement à la traçabilité ainsi qu’à la transparence des flux financiers.

Ce rapport 2024 de l’ITIE Mali démontre que si le sous-sol malien tient ses promesses financières, le défi majeur reste désormais celui de la structuration de l’orpaillage traditionnel et de la répartition équitable de cette immense richesse.

B.M. COULIBALY
EchosMedias

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