Dans les rues comme aux marchés, le compte à rebours est lancé. À l’approche de la rentrée scolaire 2026-2027, l’ambiance est aux préparatifs, oscillant entre l’enthousiasme naïf des plus jeunes et la lourde inquiétude des chefs de famille…

Nouveaux sacs, tenues neuves
Pour les enfants, cette période est teintée d’une joie toute particulière. Il suffit d’observer les yeux pétillants des plus petits devant les étalages pour mesurer leur impatience : essayer une tenue neuve pour le premier jour, choisir un sac à dos à l’effigie de leur personnage préféré, déballer des cahiers vierges aux couvertures colorées. Pour eux, la rentrée est une fête, le moment tant attendu des retrouvailles avec leurs camarades de classe et de la découverte de nouveaux enseignants.

C’est notamment le cas de Mariam Diabaté, 8 ans, élève en 3ᵉ année : « J’ai trop hâte que l’école commence ! Ma maman m’a acheté un nouveau sac violet et des chaussures toutes neuves. J’ai déjà rangé mes cahiers et mes crayons de couleur dans mon sac. Je veux retrouver mes copines pour leur montrer ma tenue du premier jour ! », affirme-t-elle avec enthousiasme.

Le sacrifice des parents malgré la crise

Toutefois, derrière ce tableau joyeux se cache une réalité bien plus sombre pour la majorité des chefs de famille. Cette année encore, la rentrée s’apparente à un véritable parcours du combattant. Dans un contexte économique sous tension, où le coût de la vie ne cesse de grimper et où les revenus se font de plus en plus rares, boucler le budget scolaire devient une épreuve insurmontable.

Entre l’achat des fournitures scolaires, dont les prix ont grimpé, les frais d’inscription et l’anticipation des premières mensualités dans les établissements privés, l’équation est particulièrement complexe pour les ménages comptant trois, quatre ou cinq enfants à scolariser simultanément.

Ousmane Sanogo, père de quatre enfants scolarisés, est au bout du rouleau. «Chaque année, la rentrée me donne des insomnies, mais cette fois-ci, c’est particulièrement dur. Tout a augmenté : les cahiers, les livres, même les tenues scolaires. Avec quatre enfants à inscrire, rien que pour les fournitures et les droits d’entrée, mes économies y sont passées. Je n’ai même pas encore réglé la première mensualité du plus grand. C’est un stress permanent», témoigne-t-il.

Quant à Aminata Diarra, mère de famille et commerçante, elle affirme que les affaires ne marchent plus comme avant et que les gains se font rares. Pour satisfaire les enfants et leur offrir au moins un sac neuf afin qu’ils ne se sentent pas mis de côté, elle a dû recourir à l’emprunt. « On touche vraiment le fond. Nos poches sont vides », lâche-t-elle, le teint sombre.

Préserver la magie du premier jour
Malgré ce casse-tête financier et le martyre silencieux que vivent de nombreux parents, le sacrifice demeure total. Dans chaque concession, on s’efforce de préserver le sourire des plus jeunes, leur permettant de vivre pleinement la magie du premier jour, pendant que les adultes continuent de jongler avec des budgets de plus en plus restreints.

AFANOU KADIA DOUMBIA

Source : Malijet.com

Previous post Budget 2027 : le grand pari des milliards
Next post Mariage par prédiction : Et si le voyant s’était trompé ?