Le Mali se tournera presque exclusivement vers le Maroc pour l’exportation de ses mangues cette saison. Après des restrictions de l’Union européenne, le marché malien compte se concentrer sur son deuxième client principal. Le Royaume chérifien se dit aujourd’hui prêt pour accueillir les mangues maliennes suite à l’annonce du vieux continent (Europe), exceptée la Grande Bretagne, d’importer ce produit de notre pays…


A l’origine de ce boycott, un simple communiqué mentionnant une prétendue présence des mouches sur une partie des cargaisons destinées à l’Europe.
D’où le mépris de l’Union européenne envers la mangue malienne. Mais le Maroc entend essuyer les larmes de nos producteurs.


Historiquement, l’Union européenne (UE) était la destination privilégiée des mangues maliennes (notamment les variétés Kent et Keitt). Cependant, deux obstacles majeurs ont freiné ces échanges.
L’UE a durci ses normes concernant la présence de la mouche des fruits. De nombreuses cargaisons maliennes ont été interceptées et détruites ces dernières années, entraînant des pertes financières colossales pour les exportateurs.


Les perturbations du fret maritime et l’augmentation des coûts de transport vers l’Europe ont rendu ce marché moins compétitif pour les producteurs locaux.
Cette situation pèse lourdement sur l’économie malienne, la mangue étant le premier fruit d’exportation du pays.
Les coûts liés aux nouveaux traitements obligatoires et le risque de refoulement freinent les exportateurs.


Pour compenser la difficulté d’accès à l’UE, les exportateurs maliens se tournent de plus en plus vers le Maroc et le Royaume-Uni (qui applique ses propres règles post-Brexit).


C’est dans ce contexte que le Maroc s’est imposé comme le « deuxième client principal » puis, par la force des choses, comme le partenaire prioritaire pour plusieurs raisons.


Le marché intérieur marocain consomme de plus en plus de mangues tropicales, et le pays sert également de plateforme de réexportation vers d’autres pays du Maghreb.


Contrairement à l’Europe, le transport vers le Maroc peut se faire par voie terrestre (via la Mauritanie), ce qui réduit les délais et les coûts de logistique par rapport au fret aérien ou maritime complexe vers le nord de l’Europe.


Les relations diplomatiques et économiques renforcées entre Bamako et Rabat facilitent les flux de marchandises.
Toutefois ce basculement vers le marché marocain n’est pas sans défis. Le marché marocain est souvent jugé moins rémunérateur par kilo que le marché européen de niche, ce qui oblige les producteurs maliens à jouer sur les volumes.


Par ailleurs, pour sécuriser ce corridor, le Mali doit investir dans des unités de conditionnement et de stockage à froid pour garantir que les fruits supportent le trajet routier à travers le Sahara.


Géant producteur de mangues en Afrique, le Mali n’arrive pas à transformer toute sa production sur place. Le pays comptera donc sur le Maroc pour ses exportations de cette saison en cours.


Abdoulaye OUATTARA

EchosMedias

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