
Face à la détresse des familles asphyxiées par le coût des soins, le cœur de Sabalibougou a vibré ce mercredi sous le signe de la solidarité. Avec le lancement de la phase 3 du projet de Qatar Charity, le CSCOM de la Commune V devient le théâtre d’une véritable course contre la montre : offrir des dépistages et des traitements 100 % gratuits pour briser la spirale des maladies chroniques et redonner de la dignité aux plus vulnérables…
Ce mercredi 19 août 2026, le Centre de santé communautaire (CSCOM) de Sabalibougou a abrité le lancement officiel de la phase 3 du projet de prévention et de traitement gratuit des maladies chroniques, initié par l’ONG Qatar Charity.
Derrière le protocole, une véritable course contre la montre est engagée pour arracher des milliers de vies à l’usure silencieuse des maladies non transmissibles (MNT) en Commune V du district de Bamako.
Une mobilisation générale pour la santé

Les habitants de Sabalibougou se sont mobilisés massivement aux côtés d’un parterre d’autorités administratives et sanitaires. Preuve du caractère crucial de l’événement, la cérémonie a enregistré la présence notable de : Mme Touré Sayon Tangara, sous-préfet de la localité ; Dr Djibril Diallo, représentant du médecin-chef du Centre de référence (CSREF) de la Commune V ; M. Karim Diallo, représentant du personnel de l’ASACOSAB 1 ; M. Mahamadou Sacko, directeur pays de l’ONG Qatar Charity au Mali.
Le piège financier des maladies non transmissibles
Dans les couloirs du centre, les témoignages des patients illustrent le même combat quotidien. L’hypertension, le diabète ou le cancer s’installent sans prévenir, brisant des vies et asphyxiant financièrement les ménages maliens.
«L’hypertension artérielle, le diabète et le cancer constituent aujourd’hui des problèmes majeurs de santé publique», a martelé Sory Ibrahim Doumbia, conseiller communal en Commune V.
Faute de moyens, le diagnostic tombe souvent trop tard. Rappelant la gravité de la situation, la sous-préfet a mis en avant un chiffre mondial alarmant : les maladies chroniques causent plus de 63 % des décès chaque année, et un quart des victimes a moins de 60 ans.
Une réponse solidaire et 100 % gratuite

Entièrement financée par l’État du Qatar, cette troisième phase veut briser ce cercle vicieux. Pour le directeur pays de Qatar Charity, l’objectif va au-delà de l’aide matérielle : il s’agit de redonner de la dignité humaine aux populations vulnérables en pleine crise multidimensionnelle.
Sur le terrain, la stratégie repose sur un triptyque concret : la formation du personnel soignant pour un meilleur accueil ; le dépistage précoce massif pour agir à temps ; la distribution gratuite ou subventionnée de médicaments essentiels.
La grande nouveauté cette année : l’introduction du dépistage gratuit du cancer du col de l’utérus, un soulagement majeur pour les femmes de la commune.
Un plan d’action d’urgence en chiffres
Pour répondre à l’urgence, Mahamadou Sacko, directeur pays de Qatar Charity au Mali, a dévoilé un plan d’action de grande envergure soutenu par des objectifs chiffrés et prévus :
– 60 acteurs de santé et volontaires communautaires formés ;
– 3 000 personnes sensibilisées aux risques sanitaires ;
– 300 patients bénéficiant déjà d’un dépistage et d’une prise en charge médicale gratuite pour le diabète et les affections cardiovasculaires.
«C’est entièrement gratuit» : lever la peur des soins
Le succès de cette campagne repose désormais sur la confiance et l’adhésion de la population. Le représentant de l’ASACOSAB 1 a tenu à rassurer les esprits : «C’est entièrement gratuit, et en cas de diagnostic positif, la prise en charge médicale est également gratuite.»
Les autorités locales et le corps médical lancent un appel pressant à chaque citoyen, et particulièrement aux femmes, à fréquenter le centre de santé dès ce mercredi.
Au-delà des soins, les responsables locaux rappellent que la santé est une bataille collective qui impose un changement des habitudes de vie : surveiller sa tension, améliorer son alimentation et pratiquer une activité physique régulière.
Aissetou CISSÉ
EchosMedias
