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Les Maliennes de plus en plus se préoccupent de leur santé reproductive, tant au niveau urbain que rural. Ainsi, les femmes de Doumba, un village situé à 1km de la ville de Koulikoro en deuxième région du Mali, sont dans cette dynamique pour leur bien-être familial. Ici, les femmes qui ont voulu se prêter à nos questions, s’accordent toutes sur les bienfaits de la planification familiale. Et celles en âge de procréer ont adopté les différentes méthodes de la planification familiale. C’est en tout cas, le constat que notre équipe de reportage a fait lors de son passage dans ce village, le mardi 07 septembre 2021.

Depuis, l’arrivée de l’agent de santé communautaire en 2014 à Doumba, il y a eu plus d’adhésion à l’utilisation des services de planification familiale par des femmes et de filles.

De nos jours, plus de 64 jeunes filles et plus d’une centaine de femmes utilisent des méthodes de contraception. C’est à travers la radio, la télévision et par les centres de santé que ces villageois se sont informés sur la planification familiale. Des femmes en témoignent, Rachelle Bouaré est une jeune mère de 3 enfants. Elle est dans sa 9ème année de mariage.

Cette dernière a opté pour la planification familiale après sa première grossesse. C’est lors des causeries éducatives animées par un agent de santé au village qu’elle a découvert la nécessité d’espacer les naissances. « Depuis que je l’ai adoptée, j’ai la tranquillité et mon chef de famille est content », a-t-elle déclaré. Entre chaque enfant de Rachelle Bouaré, il y a un écart de 2 ans. Elle compte continuer ainsi afin de mieux prendre soin de sa famille. Si le mari de cette dernière était d’accord, ce n’est pas le cas de Mme Bouaré Mariana Traoré. Tout en pilant son mil, elle nous explique que son mari n’était pas du tout consentant. Il a fallu à cette jeune dame de convaincre son époux pour enfin choisir un moyen d’espacer ses enfants. Elle indique qu’il n’avait pas compris. Il avait donc une idée erronée sur la question, a-t-elle ajouté.

Selon Mme Bouaré, c’est lui finalement qui l’a ordonnée de se rendre au centre de santé. Âgée de 25 ans, notre interlocutrice a deux filles et deux garçons. Ces quatre bambins qui l’entouraient lors de notre passage, étaient tous biens portants. Et cela, grâce à l’espacement des naissances (2ans au minimum entre les naissances).

Quant à Mounani Diarra utilisait les méthodes contraceptives mais, elle a été découragée après une maladie provoquée, selon elle, par ces méthodes. Elle avoue avoir des règles incessantes.

Mais, même après un traitement qui a mis fin à cela, notre interlocutrice n’est toujours pas prête pour recommencer. « Je veux reprendre, mais j’ai peur d’avoir le même problème » ; a-t-elle dit avant d’ajouter que son mari lui avait conseillé de reprendre.

Contrairement à ces femmes, Oumou Coulibaly n’a jamais utilisé les différentes méthodes de la planification familiale. Ce refus, selon elle, est dû au fait qu’elle et son mari n’en avaient pas fait leur affaire. Même si elle nous expliquera que ce dernier avait ensuite accepté, elle en question n’a toujours pas adopté un moyen pour empêcher le rapprochement de ses enfants. Oumou Coulibaly est donc à sa 10ème année de mariage et elle a 6 enfants.

À Doumba, les belles mères ne s’opposent pas du tout au choix de leurs belles-filles. C’est le cas de Nassou Diarra, Fatoumata Sissoko et Goundo Fomba. Celles-ci, même si elles ne savent pas concrètement ce que c’est que la planification familiale, elles apprécient le fait que leurs petits enfants font rarement des maladies. Mariée et mère de 6 enfants, Sétou Mariko est très favorable pour la planification familiale (PF).

Car, selon elle, c’est un moyen de récupération entre deux grossesses tout en évitant les grossesses rapprochées. Non seulement la PF assure une bonne santé du couple Mère[1]enfant, mais également, elle contribue à un développement harmonieux du foyer, a-t-elle ajouté.

Mme Fomba Djénébou Coulibaly : « Lorsque j’ai entendu parler la PF, j’ai été jusqu’à Koulikoro pour bénéficier de ce service. Car, j’ai été victime de rapprochement de grossesses à seulement 6 mois de la naissance de mon premier bébé. Avant, mon mari était réticent. Il disait que je suis à un an de mariage. Mais, après il a donné son aval afin que je puisse adopter une méthode de longue durée ».

« La planification familiale permet à l’homme de dépenser moins », dixit Niama Fomba, 22 ans, mariée et mère de 2 enfants. Aux dires de cette jeune dame, il y a 4 ans d’intervalle entre la naissance de son premier enfant et le dernier qu’elle tient dans ses bras. « Moi, j’avais entendu parler de la planification familiale à la radio et grâce au passage de l’agent de santé communautaire, je me suis intéressée à l’utilisation des méthodes contraceptives. J’ai attendu 45 jours après la naissance de mon enfant et dès que j’ai vu mes règles, je suis passée au centre de santé pour me faire planifier. Car, c’est une bonne chose pour l’enfant et la mère surtout que le chef de famille n’aura pas à beaucoup dépenser dans les soins de santé et autres charges inutiles », a-t-elle affirmé.

La PF a permis aux filles d’éviter des grossesses précoces. La planification familiale n’est pas seulement une affaire d’adultes comme le témoigne Ramata Zerni, élève en 7ème année, qui déclare bien connaître la santé de la reproduction et la planification familiale à travers les interventions des agents de santé dans les établissements scolaires. « Souvent, les agents de santé viennent dans notre établissement pour sensibiliser. Ils disent que ceux qui ne veulent pas contracter de grossesse doivent utiliser des préservatifs et autres moyens pour éviter les grossesses précoces et les avortements », a-t-elle dit.

Awa Coulibaly, 35 ans, mère de 6 enfants, indique que la planification familiale est une pratique qui est venue soulager les habitudes des femmes de Doumba. Elle soutient qu’il s’agit d’un meilleur moyen de maintenir le bien-être de la mère, de l’enfant et de l’ensemble de la communauté. C’est aussi le cas chez les hommes qui ont moins de problèmes financiers Sidi Traoré a adopté avec sa femme, l’abstention pendant chaque période appelée ‘’danger’’. « Je calcule moi-même avec ma femme ces jours », a-t-il confié. Ce couple a choisi un espacement de deux ans et demi entre leurs enfants. Sidi a actuellement 4 filles et 4 garçons. Cette décision, affirme-t-il, nous a permis d’éviter des décès maternels, de dépenser moins et bien entretenir nos enfants.

Mariétou Konaté

Source : Journal l’Annonceur

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