
Du 26 au 29 août 2026, la Commune IV du District de Bamako a vibré au rythme d’une initiative citoyenne inédite. L’Alliance Citoyenne pour la Réforme du Secteur de la Sécurité (AC-RSS), avec l’appui financier de la Fondation Friedrich Ebert (FES), a réuni les forces vives de la société civile pour le premier cycle de sa «formation-action». Une session de quatre jours qui a mobilisé successivement quatre groupes d’acteurs bien décidés à briser les codes pour prendre en main la sécurité de leur quotidien…

Cette initiative s’inscrit directement en appui à l’opérationnalisation des Comités Consultatifs de Sécurité (CCS) des Communes III, IV et VI du District de Bamako.
Loin des séminaires classiques et purement théoriques, cette rencontre fusionne pour la première fois la sensibilisation, l’apprentissage et le suivi sur le terrain. L’objectif est clair : doter les participants (journalistes, activistes, experts) de connaissances solides et d’une posture responsable pour documenter les préoccupations de sécurité de proximité, afin de les transformer en recommandations constructives.

À l’entame des travaux, Abdrhmane Dicko, représentant de la FES Mali, a salué ce partenariat de longue date avec l’AC-RSS tout en rappelant l’exigence de cette nouvelle approche : « Il est extrêmement important de chercher à comprendre pour appliquer », a-t-il martelé, soulignant que le succès réel de cette session se mesurera aux réponses concrètes apportées aux populations sur le terrain.
M. Dicko a également profité de l’occasion pour contextualiser ce combat : la quête d’une sécurité juste et participative au Mali ne date pas de la crise de 2013. C’est un engagement de longue haleine, amorcé dès 2004 par les premiers diagnostics de la FES, puis consolidé en novembre 2005 lors des États généraux de la paix.

Six étapes pour bousculer les idées reçues
Sous la houlette des facilitateurs, les docteurs Ilo Allaye Diallo et Soumaïla Lah, les participants ont croisé leurs regards et déconstruit les préjugés à travers six grandes étapes de réflexion :
– Le grand dialogue : Comment chaque citoyen peut s’impliquer sans crainte dans la gestion de sa sécurité.
– Au cœur des réalités locales : Comprendre le rôle crucial et le fonctionnement des Comités Consultatifs de Sécurité (CCS).
– Donner la parole à tous : Mettre en lumière la perception de la sécurité à travers les yeux des femmes, des jeunes et des personnes en situation de handicap.
– Le respect d’abord : Se former à l’éthique, au respect absolu du consentement et de la confidentialité.
– Le saut dans le réel : Mises en situation, simulations d’entretiens et maîtrise des outils de collecte pour aller à la rencontre des populations.
– L’engagement citoyen : Devenir des passerelles humaines crédibles entre la base et les décideurs du Commissariat à la RSS (CRSS).
Une règle d’or : Documenter, Contribuer, Proposer, Dialoguer

Portée par le coordinateur de l’activité, Maciré Diop, cette session exige une posture stricte de la part des futurs facilitateurs de terrain : écouter et comprendre, sans jamais se substituer aux institutions ni jouer aux enquêteurs.Au terme des quatre jours, Maciré Diop a chaleureusement salué la qualité des échanges avant de projeter le groupe vers l’avenir : «Ce que nous avons partagé est précieux. Mais ce n’est que la première étape d’un plus long voyage ; d’autres initiatives pointent déjà à l’horizon», a-t-il lancé avec optimisme.
Désormais investis du rôle d’ambassadeurs du dialogue et de la paix, les participants ont rejoint leurs communautés respectives. Ils ont la ferme intention de faire bouger les lignes et de faire de la sécurité participative une réalité tangible dans les quartiers de Bamako.
Aissetou CISSÉ
EchosMedias
