
Le coup d’envoi de la 22e édition de la Semaine nationale de la sécurité routière a été donné ce lundi 29 juin 2026 à Bamako. Face à un bilan humain catastrophique en 2025, les autorités de la Transition engagent une offensive d’envergure pour libérer le domaine public routier…

Placé sous la présidence de Madame le ministre des Transports et des Infrastructures, Dembélé Madina Sissoko, l’événement s’est déroulé en présence du Directeur général de l’Agence nationale de la sécurité routière (ANASER), M. Ousmane Bah Maïga, de membres du Conseil national de la Transition (CNT), ainsi que de nombreux acteurs publics et privés.

La Commune III, épicentre du combat urbain


En tant qu’hôte de l’événement, la maire de la Commune III du district de Bamako, Mme Djiré Mariam Diallo, a exprimé la fierté de ses administrés d’abrir cette initiative citoyenne. Cœur névralgique et commercial de la capitale, sa commune subit de plein fouet l’encombrement illégal des voies par :
– des commerces sauvages,
– des chantiers clandestins
– des garages à ciel ouvert.
Refusant le statu quo, l’élue locale a réaffirmé l’engagement total de sa municipalité à soutenir l’État dans la reconquête de l’espace urbain.
Un bilan 2025 tragique qui impose l’action
Si la protection des vies reste une priorité absolue pour le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, les derniers chiffres publiés par l’ANASER pour l’année 2025 font froid dans le dos :
– 7 691 accidents corporels enregistrés
– 648 personnes tuées
– 8 863 blessés
Le thème retenu cette année cible directement la racine du problème : «Occupation anarchique du domaine public routier : un danger pour la sécurité routière». L’encombrement des trottoirs force les piétons à marcher sur la chaussée, les exposant directement aux véhicules.
Ce désordre, trop longtemps toléré sous prétexte de survie économique, asphyxie aujourd’hui l’économie, sature les hôpitaux et viole le Code de la route.
L’arsenal juridique : place à la tolérance zéro


L’heure n’est plus à la simple sensibilisation passive. L’État compte désormais appliquer la loi dans toute sa rigueur. Textes en main, les autorités s’appuient sur la Loi n°2023-045 du 31 août 2023 pour réprimer sévèrement l’entrave à la circulation et le stationnement irrégulier.


Les contrevenants s’exposent à :
– Des mises en fourrière immédiates aux frais des propriétaires ;
– Des amendes pouvant atteindre 500 000 FCFA ;
– Des peines d’emprisonnement allant jusqu’à 6mois.
L’objectif national est clair : restaurer la mobilité de tous et réduire de moitié la mortalité routière d’ici 2030.
Déploiement immédiat des forces sur le terrain

Dans son allocution, le ministre Dembélé Madina Sissoko a annoncé que des opérations de contrôle et de libération des emprises routières débutent dès cette semaine à Bamako et dans toutes les capitales régionales. Ces actions associent étroitement :
– les services techniques,
– la Police nationale,
– les collectivités locales et
– la société civile.
En parallèle, l’immatriculation obligatoire des engins à deux et trois roues est renforcée pour lutter globalement contre l’insécurité. Le ministre a lancé un appel vibrant au civisme et à un sursaut patriotique des acteurs économiques, des usagers et des leaders d’opinion pour stopper ces drames qui endeuillent quotidiennement les familles maliennes.
La Transition passe à l’offensive
Preuve que la transition vers l’action est immédiate : dès la fin de la cérémonie, les équipes de l’ANASER et leurs partenaires, menés par le Directeur général Ousmane Bah Maïga, ont pris d’assaut plusieurs artères majeures de la capitale pour libérer de force les emprises routières occupées.
Aissetou CISSÉ
EchosMedias
