La période de grandes chaleurs pointe déjà à l’horizon, avec la particularité qu’elle coïncide cette année avec le mois de carême. Aussi, le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré, a mis en place un plan d’urgence à cours terme pour aider les Maliens à passer ce cap, et surtout pour mettre fin au calvaire des maliens quant aux coupures récurrentes de l’électricité et de l’eau, si ce plan venait à être correctement exécuté, car élaborer un plan est une chose, et son exécution en est une autre !

C’est un fait, EDM-SA est un grand corps malade et le ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Eau,

Lamine Seydou Traoré, en a fait le constat dès sa prise de fonction. Non pas pour se murer dans un fatalisme creux, mais en affichant plutôt un optimisme raisonnable, convaincu que tout problème a une solution. Ce, d’autant que les maux dont souffre EDM-SA sont déjà connus. Ils ont pour noms: mauvaise gestion, fraudes à l’interne et à l’externe, dettes lourdes…

Ce diagnostic étant déjà établi, le ministre a aussi proposé des solutions pour y faire face. En effet, il y a deux actions majeures pour ce faire, dont la première porte sur des actions immédiates avant la pointe qui arrive fin-février, début-mars. Il a été remarqué que 65% des délestages sont dus au manque de carburant, à des pannes sèches dans les groupes électrogènes. Et il faut rappeler que 70% de la production de la Société Énergie du Mali (EDM-SA) est faite à partir des centrales thermiques, donc à base de groupes électrogènes qui consomment du carburant. Ce qui fait que souvent la société est en butte au refus du fournisseur de lui fournir en carburant, faute de paiement de ce qui lui est dû à cause d’une mauvaise gestion ou prévision. Pour pallier à cela, «Nous allons donc lancer un appel d’offre ouvert pour dire à tous ceux qui peuvent fournir du carburant de venir. Avec cet appel d’offre, on va choisir pour chaque site un fournisseur principal et un suppléant pour éviter toute défaillance. Et rien qu’avec cet appel d’offre, on est parvenu à diminuer le prix de plus de 10%.

Si nous parvenons à sécuriser l’approvisionnement de nos groupes électrogènes en carburant, on va alors pouvoir réduire les délestages». Par ailleurs, le ministre veut concentrer ses efforts sur le transit, l’électricité transitant par des postes de transformation très vétustes aujourd’hui, en raison de l’absence d’investissements depuis plus de trente (30) ans, d’où fréquemment des pannes de feu.

Le ministre Traoré et son équipe travaillent donc à faire en sorte que pendant que des postes sont en pannes, on puisse continuer à alimenter la population à travers la mise en place des groupes électrogènes et des centrales mobiles permettant d’injecter directement en aval des postes. «Avec ça, on peut dire que cette année, on pourra réduire le niveau des délestages de 100% à 75%, ou encore de réduire à 3/4 le nombre de délestages, entre 2020 et 2021. Ce sont là les actions immédiates à mettre en œuvre. Mais il faut poser des actes qui vont nous permettre d’envisager l’avenir avec plus de sérénité.

Pour cela, il n’y a pas de secret, il faut qu’on arrive à deux (02) choses. La première chose, c’est de réhabiliter nos lieux, et à côté de cette réhabilitation, il faut qu’on travaille à rendre l’EDM rentable. C’est-à-dire qu’il faut réduire à court terme les déficits qui sont drastiques, et à long terme ou à très moyen terme (4 à 5 ans à venir), rendre l’EDM rentable». Pour cela, il n’y a pas de baguette magique pour le ministre Traoré, il faut faire des investissements.

Aussi, compte-t-il lancer une vaste campagne d’investissements qui devrait à terme permettre au gouvernement d’investir dans le mixte-énergétique, composé de plusieurs sources dont le soleil et l’hydroélectrique.

«Aujourd’hui, 70% de la production se font à base du thermique. Nous travaillons, dans les 5 ans à venir, pour plus d’énergie solaire, plus d’énergie éolienne et plus d’énergie hydroélectrique que thermique. Avec un mixte composé par exemple de 30% de soleil et 40% d’hydroélectrique, et même 10% éolienne, nous pensons qu’on va pouvoir rendre EDM rentable».

Et pour cause: l’énergie produite au niveau du barrage de Manatali est vendue à la Société Énergie du Mali (EDM-SA) à 45 FCFA, tandis que l’énergie produite sur la base d’une centrale thermique revient à l’EDM-SA à 150 FCFA ou 160 FCFA, alors que le prix de vente du kwth au consommateur est à moins de 90 FCFA.

Si cette tendance n’est pas à inversée avec le concours du mixte-énergétique, l’EDM restera structurellement déficitaire. Et déjà dans le budget 2021, le Ministère des Mines, de l’Énergie et de l’Eau a obtenu du Ministère de l’Économie et des Finances un budget pour pouvoir lancer des études pour la réalisation de trois centrales hydro-électriques.

Le challenge aujourd’hui est collectif, autrement dit, il va falloir une synergie d’action, et de la part des pouvoirs publics, et de la part des populations, pour la mise en route de nouvelles politiques et réformes dont la finalité est de doter notre pays d’une société de production, d’exploitation et de distribution d’électricité digne de ce nom, orientée vers la qualité et la performance et au service exclusif des maliens.

Prenons un exemple: à Senou tout près, il y a des zones qui ne sont pas couvertes par EDM-SA, mais qui ont de l’électricité, donc branchées sur le réseau EDM, certainement par la complicité des agents véreux. L’électricité que consomment ces zones n’est pas facturée par EDM-SA. Il y a autant de zones comme ce cas de Senou que nous venons de mettre en exergue qui constituent autant de pertes pour EDM-SA.

Pour combattre cette évasion d’électricité, qui constitue une énorme source de pertes pour EDM-SA, il faut la collaboration de la population. Les citoyens maliens doivent se sentir concernés par les efforts en cours en vue de performer nos services publics.

Ceux qui volent l’électricité ne diffèrent en rien aux voleurs et bandits de grands chemins, tout comme aux corrompus qui pillent les caisses de l’État, qu’il faut combattre à tout prix.

Karamoko SIDIBÉ

ÉchosMédias

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