
Bamako, Koulouba – 4 juillet 2026. Sous la présidence du Chef de l’État, le Général d’armée Assimi Goïta, le Conseil des ministres s’est réuni en session ordinaire ce vendredi. Au cœur des délibérations : l’adoption d’une Loi de finances rectificative (LFR) majeure présentée par le ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou…
Ce collectif budgétaire injecte plus de 400 milliards de FCFA supplémentaires pour consolider deux piliers de la Transition : la sécurité nationale et l’autosuffisance économique.
1. Cap sur l’indépendance financière : Des recettes internes en forte hausse
Le fait marquant de cette rectification budgétaire réside dans la capacité du Mali à mobiliser ses propres ressources. Les prévisions de recettes s’établissent désormais à 3 372,895 milliards de FCFA, contre 3 057,792 milliards initialement prévus, soit une hausse substantielle de 10,30 % (+315,103 milliards de FCFA).
Cette performance financière repose sur deux leviers stratégiques :

L’optimisation fiscale, une amélioration nette du rendement de la Taxe Ad Valorem.
La souveraineté minière, l’intégration directe des contributions des Fonds miniers au sein des Comptes spéciaux du Trésor.
L’enjeu, en reprenant la main sur les revenus du secteur extractif, Bamako matérialise sa volonté de transparence et s’assure que l’or du Mali brille avant tout pour les Maliens.
2. Dépenses publiques : L’effort de guerre et le soutien au coton
Pour répondre aux réalités du terrain, l’enveloppe globale des dépenses passe de 3 578,217 milliards à 3 993,319 milliards de FCFA, soit une augmentation de 11,60 %.
Les priorités de l’État se concentrent sur des secteurs ultra-stratégiques :
Sécurisation du territoire : Augmentation des allocations pour intensifier les opérations militaires et stabiliser le pays.
Soutien à l’agriculture : Octroi d’une subvention exceptionnelle à la Compagnie Malienne pour le Développement des Textiles (CMDT), poumon économique et social du monde rural.
Investissements ciblés : Inscription de nouvelles dotations via les Comptes spéciaux du Trésor pour garantir l’agilité de l’État.
Un déficit maîtrisé au service des priorités nationales
Bien que le déficit prévisionnel augmente de 100 milliards de FCFA pour s’établir à 620,425 milliards de FCFA, le ministère de l’Économie rassure : cette trajectoire reste sous contrôle. Elle traduit un choix politique assumé d’investir massivement dans la paix et la relance industrielle plutôt que de subir l’austérité.
3. Grandes infrastructures : Rigueur technique et continuité de l’État
Au-delà des chiffres, le Conseil des ministres a validé des ajustements cruciaux pour la finalisation de grands chantiers routiers et sanitaires, privilégiant l’efficacité sur le coût :
Axe Banankoro – Dioro, prolongation de 4 mois.
Intégration d’une variante technique (revêtement en enduit superficiel bicouche sur latérite crue). Hôpital de Tombouctou prorogation de 24 mois.
Un signal fort de gouvernance par les résultats
Ce réajustement budgétaire à mi-parcours de l’exercice 2026 démontre une flexibilité face aux urgences du pays. En finançant son développement par une meilleure captation de ses richesses nationales, le Mali envoie un message clair à ses partenaires et à sa population : la souveraineté ne se décrète pas, elle se finance.
B.M.C
EchosMedias
