Les services de la douane guinéenne ont intercepté, lundi dernier, huit mini bus remplis de bidons d’essence à la frontière entre la Guinée et le Mali, dans la localité de Kourémalé, rapporte la presse guinéenne. L’opération,saluée pour son efficacité, s’inscrit dans le cadre de la lutte contre le trafic illicite de carburant…

Selon des sources sur place, les véhicules tentaient de faire passer clandestinement du carburant vers le Mali, alors même que plusieurs localités guinéennes, notamment dans la région de Siguiri, souffrent de pénuries récurrentes.

Ce nouveau coup de filet relance le débat sur la gestion des ressources énergétiques en Guinée et sur la nécessité de mieux contrôler les flux de carburant dans un contexte de forte demande locale.

Ainsi,pendant que les citoyens galèrent à trouver de l’essence, d’autres préfèrent alimenter le trafic vers l’extérieur.

Parmi les mesures urgentes adoptées, dans les autorités guinéennes, l’interdiction formelle du transport de carburant en bidons, le contrôle renforcé aux frontières, et la régulation des stations-service désormais autorisées à fonctionner de 6h à 20h.

L’opérationmenée mardi par la douane a été saluée sur les réseaux sociaux.

Une communication officielle sur le nombre exact de minibus interceptés et le volume de carburant saisi était attendue. Pour rappel, samedi dernier, des manifestations liées à la pénurie de carburant ontéclaté à Siguiri, faisant quatre blessés parmi des élèves et perturbant lescours à l’école ODC, près d’une station-service, à Bouré.

La crise de l’essence continue de frapper durement la préfecture de Siguiri, notamment dans les zones minières, où les prix atteignent désormais des niveaux alarmants.

Actuellement,un bidon de 20 litres d’essencese négocie entre 600 000 et 800 000 francs guinéens dans certaines localités.

Tandis que dans d’autres sites d’orpaillage dominés par des Burkinabé, le mêmevolume s’échange contre un gramme d’or, soit environ 1 050 000 francs guinéens.Certainstrafiquants profitent égalementde la situation pour revendre le carburant au Mali, s’enrichissant ainsi sur ledos de la population locale.

Par Abdoulaye OUATTARA

ÉchosMédias

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