À l’occasion de la 81ᵉ session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de la République du Mali, S.E.M. Abdoulaye Diop, a délivré un discours aux accents de rupture. Portant la voix du président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, le chef de la diplomatie malienne a dressé un réquisitoire contre la gouvernance mondiale actuelle tout en traçant les contours d’une autonomie stratégique pour le Sahel et l’Afrique…

Un appel à la refondation de l’ONU et au respect de la souveraineté

Sous le thème général de cette session «Restaurer la confiance, accompagner les transformations : une Organisation des Nations Unies au service de tous», Bamako a martelé l’urgence de revenir aux principes fondateurs de la Charte des Nations Unies : l’égalité souveraine des États, la non-ingérence et la fin du «deux poids, deux mesures».

Le ministre Diop a fustigé les sanctions coercitives unilatérales et dénoncé l’inaction ou la lenteur d’anticipation des institutions internationales face aux crises globales. Pour le Mali, la restauration de la confiance passe inéluctablement par une réorganisation profonde des instances décisionnelles internationales afin d’offrir une juste représentativité au continent africain.

Sahel : Sécurité, accusations et consolidation de l’AES

Revenant sur les racines de l’instabilité régionale, Abdoulaye Diop a rappelé l’impact dévastateur qu’a eu l’intervention de l’OTAN en Libye en 2011 sur l’ensemble de la bande sahélo-saharienne.

Sur le plan sécuritaire, Bamako accuse ouvertement des acteurs étrangers, citant nommément l’Ukraine, d’apporter un soutien logistique, financier et de renseignement à des groupes armés et terroristes opérant au Sahel. Le ministre a qualifié la situation de «guerre hybride par procuration» et a appelé la communauté internationale à briser le silence face à ces ingérences.

Face à ces défis, le représentant malien a réaffirmé la pertinence du choix stratégique opéré le 6 juillet 2024 avec la création de la Confédération des États du Sahel (AES) aux côtés du Burkina Faso et du Niger. Sur le terrain, l’action conjointe de la Force unifiée de l’AES, adossée au partenariat avec la Fédération de Russie, est présentée comme le pilier central de la riposte sécuritaire.

Cap sur l’autonomie économique et la transition numérique

Au-delà des enjeux sécuritaires, l’intervention malienne a mis l’accent sur le développement endogène. Refusant la dépendance aux aides internationales jugées insuffisantes et sous conditions géopolitiques, le gouvernement malien entend miser sur la mobilisation des ressources intérieures, la valorisation locale des matières premières et les investissements structurants dans le cadre de la vision Mali Kura 2063 et de la SNEDD 2024-2033.

Parmi les autres points forts de la déclaration :

Souveraineté numérique, l’accent mis sur la maîtrise des technologies émergentes, illustrée par la création du Centre d’Intelligence Artificielle et de Robotique du Mali.


Climat et résilience : Un plaidoyer pour un accès équitable aux financements climatiques, liant lutte contre la désertification et sécurité alimentaire.
Mobilité humaine, une défense ferme du droit des migrants, qualifiant la migration de richesse historique et culturelle pour l’humanité plutôt que de menace.

En conclusion de son intervention, la délégation malienne a réitéré son ouverture à des partenariats internationaux sincères, fondés sur le respect mutuel et la souveraineté, réaffirmant son engagement pour un monde multipolaire plus juste et plus solidaire.

B.M.C

EchosMedias

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