Dans un contexte de crise multidimensionnelle et de défis sécuritaires majeurs, le monde des médias maliens a scellé une alliance historique. Lors d’un point de presse solennel tenu ce lundi 11 mai 2026 à la Maison de la Presse, en présence du Ministre de la Communication, les leaders des organisations professionnelles ont réaffirmé leur engagement patriotique : faire de l’information une arme de cohésion et de souveraineté…

Par un front commun inédit, la presse malienne vient de lancer un message clair : l’heure n’est plus au scoop à tout prix, mais à la sauvegarde de la patrie. Cette rencontre, placée sous l’égide du ministère de tutelle et de la Maison de la Presse, a permis de définir une nouvelle doctrine médiatique basée sur la responsabilité citoyenne.

L’éthique au service de la nation



Pour Boubacar Yalcoué, président de l’Association des Éditeurs de Presse Privée (ASSEP), le journaliste ne peut plus être un simple observateur. «Avant d’être des rapporteurs de faits, nous sommes avant tout des citoyens», a-t-il martelé, appelant ses confrères à une vigilance accrue.

Cette vision est partagée par Gaoussou Coulibaly, président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), qui exhorte les professionnels à une approche patriotique où la stabilité nationale prime sur toute autre considération éditoriale.

Le président de l’union des Radios et Télévisions libres du Mali (URTEL), Mamoudou Bocoum, a qualifié la presse de «dernier rempart» des populations, liant indéfectiblement la responsabilité sociale des radios à la protection de la cohésion nationale.

Riposter à la «guerre de l’information»

Le constat est unanime : le Mali subit une offensive médiatique extérieure sans précédent. Modibo Fofana, président de l’Association des Professionnels  de ka Presse en Ligne du Mali (APPEL Mali , a dénoncé une «info-guerre» où l’intelligence artificielle et la désinformation sont utilisées par certains médias occidentaux pour ternir l’image du pays. Face à cette menace, il plaide pour une véritable souveraineté numérique nationale.

Dans cette même dynamique de résistance, Bassaro Haidara (SNIPIL) appelle à une refonte de la communication de crise pour assurer une protection accrue des journalistes et une meilleure maîtrise des récits nationaux.

Une ambition sahélienne et structurelleL’ambition dépasse désormais les frontières maliennes. L’expert Salif Sanogo a sonné la mobilisation pour un «front médiatique sahélien».

À travers des projets concrets comme la création d’une plateforme collaborative entre journalistes maliens et burkinabè (AES) et le projet «Tarif Télé», il s’agit de bâtir un bloc capable de briser l’isolement éditorial du Sahel.

Cependant, cette mobilisation nécessite des moyens. Bandiougou Danté, président de la Maison de la Presse, tout en appelant à l’unité et au calme pour accompagner les mutations structurelles du secteur, rappelle l’importance de transformer les ambitions ministérielles en réalités concrètes. Le soutien financier de l’État et la formation continue, réclamés par l’URTEL, restent les leviers indispensables de cette professionnalisation.

Un pacte pour l’avenir

En conclusion de cette rencontre, le Ministre de la Communication a salué cet engagement des faîtières. Face aux «ennemis du Mali» qui utilisent l’information comme une arme de déstabilisation, la presse malienne a choisi son camp : celui des remparts.Désormais unie «comme un seul homme», la corporation médiatique s’engage à déconstruire les narratifs hostiles et à porter, avec honneur, la voix d’un Mali résilient et souverain.

Aissetou CISSÉ

EchosMedias

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