Dans le cadre de la rencontre internationale organisée par ONU-Habitat à Bakou, Massa Koné, figure de proue de la société civile malienne et africaine, a porté un plaidoyer vibrant en faveur d’un développement inclusif pour freiner les migrations forcées des populations rurales…


Massa Koné, agissant en tant que porte-parole de la Convergence Terre et Eau et membre de la Coalition internationale pour l’habitat, intervenait lors de la table ronde des organisations de masse et de la société civile tenue au World Urban Forum (WUF13). Cette session était intitulée : « Action menée par la communauté pour un logement, des terres et des services de base adéquats face à la crise climatique ».


Le lien entre crise du logement, grands projets et exode


Tout en reconnaissant les progrès réalisés en cinquante ans d’expérience dans la recherche de solutions liées au logement et à l’environnement, Massa Koné a dressé un constat sans complaisance des réalités actuelles. Selon lui, les problèmes de logement ne trouveront pas de solution sans une organisation adaptée qui tienne compte des communautés.

Il a fermement établi un lien entre la crise du logement, son expansion massive et les intérêts des grandes entreprises. Pour le leader associatif, cette dynamique se fait au détriment des communautés locales qui peinent à préserver leurs liens sociaux et leur rapport vital à la terre.


Cette fragmentation des communautés entraîne des conséquences dramatiques. « Lorsque les communautés se fragmentent et que les populations perdent leurs moyens de subsistance, cela entraîne des problèmes sociaux encore plus graves », a prévenu Massa Koné.


Pour un développement des villages, pas seulement des villes


Le porte-parole de la Convergence Terre et Eau a insisté sur le fait que le développement ne doit pas se cantonner aux seules zones urbaines. Il a rappelé que les villages africains connaissent eux aussi des évolutions démographiques et sociales majeures qui nécessitent une attention accrue.


Massa Koné a vivement critiqué les modèles de développement actuels, reposant trop souvent sur de grands projets coûteux pilotés par des entreprises dotées de ressources financières considérables. Selon lui, ces politiques excluent systématiquement les populations modestes qui vivent et travaillent sur ces terres depuis des générations.


En conclusion, son intervention à Bakou sonne comme une alerte : sans un changement radical vers des modèles plus respectueux des droits et des modes de vie des ruraux, les villes continueront de grossir sous l’effet d’une migration forcée par la perte de moyens de subsistance dans les campagnes.

Source : Malijet

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