
À Hamdallaye ACI, le maraîchage demeure une activité essentielle pour de nombreuses familles. Malgré les revenus qu’il procure, les producteurs doivent faire face à la chaleur, aux maladies des cultures, aux fluctuations des prix et à la pénibilité du travail. Reportage…
Sous le soleil de Hamdallaye ACI, les maraîchers s’activent chaque jour pour entretenir leurs parcelles. Salades, épinards, tomates, concombres ou encore feuilles de patate alimentent les marchés de Bamako. Mais derrière ces récoltes se cachent des journées éprouvantes et une activité soumise aux aléas du climat et du marché.
Originaire de Guinée, un maraîcher installé sur le site depuis près de quarante ans se souvient des débuts du périmètre.
« Nous avons créé ce périmètre au temps de Moussa Traoré. C’est un ami qui m’a conseillé de venir au Mali pour faire le maraîchage. Je suis ici depuis 1986 », raconte-t-il.
Aujourd’hui, l’âge et la maladie ont considérablement réduit ses capacités physiques.
« Avant, je faisais tout le travail moi-même. Maintenant, je ne peux plus. Heureusement, une dame vient m’aider. Nous cultivons des feuilles de patate et, dans un mois, nous commencerons la vente. La dernière fois, nous avons vendu les planches à 750 FCFA l’unité. Ensuite, nous partageons les recettes », explique-t-il.
À quelques mètres, un jeune producteur a repris l’exploitation familiale.
« C’est ma mère qui cultivait avant. Avec son âge, j’ai pris la relève il y a quelques années », confie-t-il.
Sur une petite superficie, il cultive principalement de la salade, des épinards et des betteraves. Mais la saison chaude reste une période particulièrement difficile.
« Les salades sont très sensibles. Les insectes peuvent les détruire et la chaleur les abîme rapidement. En pleine saison chaude, on peut arroser jusqu’à quatre fois par jour. Même les jours de fête, il faut venir travailler, sinon on risque de perdre toute la production », explique-t-il.
Selon lui, les prix varient fortement au fil des saisons.
« D’avril à décembre, le marché est généralement bon. En janvier, février et mars, les prix baissent. Une planche de salade peut se vendre jusqu’à 1 000 FCFA quand la demande est forte. »
Pour un autre exploitant, le maraîchage peut être rentable à condition de bien maîtriser les coûts de production.
« On peut gagner beaucoup d’argent, mais aussi perdre. Tout dépend de la gestion », affirme-t-il.
Il cultive des salades, des tomates et du concombre. Chaque campagne nécessite un important investissement en engrais.
« J’utilise une vingtaine de sacs d’engrais. Les commerçants viennent acheter les produits en gros. Avec les revenus, nous nourrissons la famille et nous faisons face aux dépenses quotidiennes », souligne-t-il.
Présent sur le site depuis l’époque du président Alpha Oumar Konaré, un ancien maraîcher observe que les difficultés sont devenues plus fréquentes.
« Il y a des périodes compliquées, surtout quand la pluie manque ou lorsque les prix chutent sur le marché », indique-t-il.
Malgré les contraintes liées aux conditions climatiques, aux maladies des cultures et aux incertitudes commerciales, les maraîchers de Hamdallaye ACI poursuivent leur activité avec détermination. Pour eux, le maraîchage reste bien plus qu’un métier : il constitue la principale source de revenus et un moyen essentiel d’assurer la subsistance de leurs familles.
Rokia Diourté/Stagiaire
