
L’ancien Vérificateur général du Mali, Sidi Sosso Diarra, a été placé sous mandat de dépôt dans la soirée du vendredi 30 octobre 2026, à l’issue de sa comparution devant la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Bamako. Son ancien directeur administratif et financier, Amadou Diop, a également été écroué. Une décision judiciaire qui remet au premier plan le parcours de celui qui a dirigé le Bureau du Vérificateur général (BVG) à ses débuts et contribué à la mise en place de cette institution de contrôle des finances publiques…
L’affaire suscite une vive attention dans le paysage judiciaire malien. À l’origine de cette procédure figurent des soupçons d’irrégularités dans la gestion du Bureau du Vérificateur général durant la période où Sidi Sosso Diarra en était le premier responsable.
La décision de placement sous mandat de dépôt est intervenue à la requête du Procureur général, Amadoun dit Balobo Guindo. Selon les informations rapportées par la presse, le dossier serait notamment lié à un contrôle effectué par la Section des comptes de la Cour suprême sur la gestion de l’institution.
Toutefois, les responsabilités des personnes mises en cause restent à déterminer par la justice. Le placement sous mandat de dépôt ne constitue pas une déclaration de culpabilité et les intéressés bénéficient de la présomption d’innocence jusqu’à une éventuelle décision judiciaire définitive.
Sidi Sosso Diarra, une figure fondatrice du BVG
Au-delà de cette actualité judiciaire, le parcours de Sidi Sosso Diarra mérite un retour sur son rôle dans la construction du dispositif national de vérification des finances publiques.
Expert-comptable de formation, titulaire notamment d’une maîtrise en économétrie et d’une maîtrise en droit des affaires, il est nommé en 2004 premier Vérificateur général du Mali. Il occupe officiellement cette fonction du 1er avril 2004 au 31 mars 2011, pour un mandat de sept ans.
Sa nomination intervient dans un contexte où la lutte contre la corruption, la mauvaise gestion des ressources publiques et la délinquance financière s’impose comme une priorité majeure pour le pays. Sa mission consiste alors à donner corps à une nouvelle institution chargée de contribuer à l’amélioration de la gouvernance publique et au contrôle de l’utilisation des ressources de l’État.
Le chantier est particulièrement important. Il s’agit de bâtir une structure pratiquement inexistante, de recruter et former des équipes, de définir des méthodes de travail et de mettre en place les mécanismes nécessaires à l’accomplissement des missions de vérification.
Dans un entretien accordé à l’occasion du vingtième anniversaire du BVG, Sidi Sosso Diarra rappelait lui-même qu’au moment de sa nomination, l’institution ne disposait ni de locaux ni de personnel.
Sous sa direction, le Bureau du Vérificateur général entame progressivement sa structuration et développe ses capacités opérationnelles. Cette première étape contribue à installer le BVG dans le paysage institutionnel malien comme un acteur majeur du contrôle de la gestion publique.
Aujourd’hui, alors que son premier responsable se retrouve au cœur d’une procédure judiciaire portant sur la gestion de cette même institution, l’affaire soulève de nouvelles interrogations sur la gouvernance, la responsabilité dans la gestion des deniers publics et l’exigence de redevabilité.
La suite de la procédure judiciaire permettra de faire la lumière sur les faits reprochés et d’établir les éventuelles responsabilités.
Hamady Kaïra COULIBALY
EchosMedias
