
L’alerte est claire. À l’ouverture de la session d’avril du Conseil national de Transition (CNT), au CICB, Malick Diaw a remis la crise énergétique au cœur des urgences nationales. Entre délestages persistants et tensions sur l’approvisionnement en hydrocarbures, le président du CNT appelle à un changement de cap…
« Face au délestage, le Conseil national de Transition réaffirme son soutien aux efforts du Gouvernement », a-t-il déclaré. Mais derrière ce soutien affiché, le ton se veut plus pressant : l’accès à une électricité stable ne peut plus attendre. Pour le CNT, l’heure n’est plus aux ajustements ponctuels, mais à des solutions structurelles.
Dans un pays régulièrement plongé dans le noir, la dépendance aux hydrocarbures apparaît de plus en plus comme une impasse. Le CNT invite ainsi le gouvernement à accélérer l’exploration des alternatives. Solaire, éolien, géothermie, bioénergie : autant de pistes jugées «incontournables » dans un contexte sahélien aux ressources encore largement sous-exploitées.
Le message est sans ambiguïté : le Mali dispose d’un potentiel énergétique considérable, mais tarde à le transformer en solutions concrètes. L’énergie solaire, en particulier, pourrait constituer un levier immédiat pour réduire la pression sur le réseau électrique national.
Derrière le plaidoyer du CNT, c’est aussi un constat d’insuffisance qui transparaît. Faibles investissements, lenteur des réformes, infrastructures vieillissantes : autant de facteurs qui freinent la transition énergétique. « Le Mali ne manque pas d’atouts, mais d’une accélération volontariste », résume en substance le discours de Malick Diaw. Une manière d’interpeller directement l’exécutif sur la nécessité d’aller au-delà des annonces.
D’autres défaillances…
Au-delà de la question énergétique, le président du CNT a également pointé d’autres signaux d’alerte : incendies à répétition dans les marchés, effondrements de bâtiments en chantier. Des drames qui, selon lui, traduisent un déficit de contrôle et de prévention.
Là encore, le CNT appelle à des mesures concrètes : enquêtes systématiques, renforcement des normes, meilleure formation des acteurs du secteur. Objectif : éviter que ces tragédies ne deviennent une fatalité.
Pendant les 90 jours de cette session d’avril, le CNT va examiner 32 textes, dont 24 nouveaux. Ces textes portent, entre autres, sur le fonctionnement du Conseil supérieur de la Magistrature, de la Direction générale de la Police nationale, de la Direction générale de la Protection civile, sur le statut général des fonctionnaires, ou encore sur la Société de patrimoine minier du Mali.
Mamadou TOGOLA
Source : maliweb.net
