En marge du 3ᵉ Sommet Russie-Afrique, le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, a reçu en audience, le mardi 27 octobre 2026 à Moscou, le directeur général du groupe russe KAMAZ, Vasily Tsyganov. Au cœur des échanges : le suivi d’un contrat de plus de 30 milliards de FCFA portant sur la fourniture de 350 véhicules au Mali, la formation de techniciens maliens et la perspective d’implanter une usine d’assemblage dans le pays…



Le partenariat entre le Mali et le constructeur russe KAMAZ franchit une nouvelle étape. Cette audience, qui s’est tenue à la veille du 3ᵉ Sommet Russie-Afrique, témoigne de la volonté des autorités maliennes de renforcer les relations économiques avec la Russie et de faire de la coopération industrielle un levier de développement.

La rencontre s’est déroulée en présence d’une importante délégation malienne, comprenant notamment le ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le ministre des Mines, le ministre de l’Industrie et du Commerce, la ministre des Transports et des Infrastructures ainsi que le directeur général de la Société malienne de transport et de logistique. Des collaborateurs du chef de l’État, dont sa conseillère diplomatique, son directeur de cabinet et son conseiller à la communication, ont également pris part à l’audience.

Un contrat de 350 véhicules, au-delà de la simple livraison



Cette rencontre s’inscrit dans le prolongement du contrat signé le 7 octobre dernier entre KAMAZ et la Société malienne de transport et de logistique, portant sur la fourniture de 350 véhicules pour un montant supérieur à 30 milliards de FCFA.

À l’issue de l’audience, le directeur général de KAMAZ, Vasily Tsyganov, a indiqué avoir fait le point avec le chef de l’État sur l’état d’avancement de cet accord. Selon lui, le partenariat ne se limite pas à la livraison des véhicules, mais prévoit également un important volet de renforcement des compétences locales.

La formation des futurs conducteurs, mécaniciens et ingénieurs figure ainsi parmi les axes prioritaires de cette coopération. L’objectif est de permettre aux ressources humaines maliennes de participer pleinement à l’exploitation, à l’entretien et à la gestion du parc de véhicules.

À plus long terme, le groupe russe envisage la construction d’un centre de maintenance au Mali, avant une éventuelle implantation industrielle à travers une usine d’assemblage. Si ces projets se concrétisent, ils pourraient contribuer au développement des compétences techniques nationales, à la création d’emplois et au transfert de savoir-faire.

Le Mali, une plateforme logistique en Afrique de l’Ouest



De son côté, la ministre des Transports et des Infrastructures, Madina Sissoko Dembélé, a confirmé la poursuite des travaux engagés par les deux parties pour respecter la feuille de route établie. Elle a également souligné l’ambition de KAMAZ de faire du Mali un point central de ses activités en Afrique de l’Ouest.



La création de la Société malienne de transport et de logistique s’inscrit dans cette dynamique. À travers cet outil, les autorités de la Transition entendent renforcer les capacités nationales de transport, améliorer l’organisation logistique et accroître la maîtrise des moyens de transport stratégiques du pays.

Au-delà de l’acquisition des 350 véhicules, l’enjeu est donc de construire progressivement un écosystème autour du transport et de la maintenance, susceptible de soutenir les activités économiques et de préparer une industrialisation du secteur.

La concrétisation du centre de maintenance et, à terme, de l’usine d’assemblage constituera toutefois une étape déterminante pour mesurer les retombées industrielles de ce partenariat.

À Moscou, les échanges entre Assimi Goïta et le groupe KAMAZ illustrent ainsi les perspectives ouvertes par la coopération économique entre le Mali et la Russie. Pour Bamako, le défi sera de transformer cet accord commercial en un véritable levier de développement, fondé sur le transfert de compétences, la création de valeur locale et le renforcement durable des capacités nationales de transport et de logistique.

Bakary Mamadou COULIBALY

EchosMedias

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