
Le Mali s’est figé, ce 30 avril 2026, pour rendre un ultime hommage au Général de corps d’armée Sadio Camara, ministre d’État, ministre de la Défense et des Anciens Combattants, tombé au champ d’honneur lors des attaques terroristes du 25 avril à Kati…
Dès 8 heures 25, le Boulevard de l’Indépendance et les abords de la Direction du Génie Militaire affichaient un visage de solennité absolue. Sous un dispositif sécuritaire d’exception, la place d’armes du 34ème régiment s’est progressivement remplie d’une foule digne et recueillie…
Partout, d’imposantes affiches aux couleurs nationales rappelaient la stature de l’homme : « Les étoiles de son rang ne s’éteignent pas ; elles guident désormais nos pas vers la victoire. » Sur la loge officielle, une inscription résumait le sentiment général : « À la mémoire du Général de corps d’armée Sadio Camara : Le Mali reconnaissant. »
L’émotion, brute et palpable, ne distinguait plus les rangs. Ce recueillement national a pris une dimension d’État avec l’arrivée, à 10 heures, du Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta. Dans un silence de plomb, le Chef de l’État a présidé cette cérémonie hautement protocolaire, marquée par la présence des membres du gouvernement, des présidents d’institutions et du corps diplomatique, dont les représentants de la Confédération de l’AES.

Le moment le plus poignant fut la décoration, à titre posthume, de l’illustre disparu au grade de Général d’armée, symbole d’une vie entière dédiée à la transformation et à la montée en puissance de l’outil de défense malien.
La veillée funèbre, assurée par les officiers de la 24ème promotion de l’EMIA, dont Sadio Camara était le major, témoignait d’une fraternité d’armes indéfectible. Le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, a prononcé une oraison funèbre vibrante, retraçant le parcours d’un homme de devoir, humble, pieux et visionnaire, dont la « simplicité légendaire » forçait l’admiration. Le dispositif du piquet d’honneur, mobilisant toutes les composantes des Forces de Défense et de Sécurité, a encadré la dépouille recouverte de l’étendard national, avant le traditionnel défilé militaire.
Les leaders religieux du Mali ont également porté la voix de la nation pour saluer la mémoire de « l’homme au turban ». Monseigneur Robert Cissé, Archevêque de Bamako, a exhorté les Maliens à l’unité : « S’il a donné sa vie pour le pays, chacun d’entre nous doit être capable de faire de même pour que la paix qu’il a recherchée ne disparaisse jamais. » Le Révérend Dr Nouh Ag Infa Yattara a, pour sa part, salué l’intégrité d’un homme dont la parole était un serment, appelant chaque citoyen à suivre cette vie de service pour la souveraineté du Mali.
Alors que le registre de condoléances se remplissait et que le corps était officiellement remis à sa famille pour l’intimité du deuil, l’héritage du Général Sadio Camara semblait déjà gravé dans le marbre de l’histoire. Le sabre du Général repose désormais, mais comme le soulignaient ses compagnons d’armes, son esprit demeure au front, dictant aux héritiers de son combat une seule et unique voie : la victoire pour le Mali Kura.
Souleymane SIDIBE
Source : L’Essor
