
La souveraineté économique du Mali passe aussi par la mobilisation de ses forces productives. C’est dans cette perspective que le Président de la Transition, Chef de l’État, le Général d’Armée Assimi Goïta, a accordé, ce vendredi 30 octobre 2026 à Moscou, une audience à une importante délégation du secteur privé malien, présente au Forum économique et humanitaire Russie-Afrique. Au centre de cette rencontre : la relance de la production nationale, l’industrialisation, la transformation locale des ressources et la consolidation des partenariats économiques…

Conduite par Mandiou Simpara, président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), la délégation regroupait notamment Sanoussi Bouya Sylla, président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM), des membres du bureau de la CCIM ainsi que plusieurs opérateurs économiques issus de différents secteurs d’activité.

L’audience s’est tenue en présence du ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, du ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, du ministre délégué auprès du ministre de la Défense et des Anciens Combattants, le Général de Division Oumarou Diarra, ainsi que de membres du Cabinet présidentiel.

Produire davantage et transformer localement : les priorités économiques
Les échanges ont essentiellement porté sur les perspectives de développement de l’économie malienne, avec une attention particulière accordée aux secteurs de l’agriculture, du commerce et de l’industrie. Pour les acteurs économiques, l’enjeu est de renforcer les capacités productives nationales, de mieux valoriser les ressources disponibles et de développer des unités industrielles capables de transformer localement les matières premières.

Cette orientation répond à un impératif économique majeur : faire évoluer le modèle de développement vers une économie davantage productive, créatrice de valeur ajoutée et génératrice d’emplois. La transformation locale apparaît ainsi comme un levier essentiel pour réduire la dépendance aux importations, renforcer les chaînes de valeur nationales et accroître la compétitivité des entreprises maliennes.
À l’issue de l’audience, Mandiou Simpara a salué la disponibilité et l’écoute du Chef de l’État, ainsi que son engagement à accompagner les initiatives du secteur privé. Cette démarche traduit la volonté de rapprocher davantage les pouvoirs publics des opérateurs économiques afin de faire converger les initiatives autour des priorités nationales de développement.
Russie-Afrique : des opportunités à convertir en investissements

La rencontre a également permis de mettre en avant le rôle stratégique de l’État dans la facilitation des relations d’affaires entre les opérateurs économiques maliens et leurs partenaires étrangers.
Dans cette perspective, le président de la CCIM a insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de mise en relation avec les investisseurs et les entreprises internationales. L’objectif est de transformer les opportunités offertes par les rencontres économiques internationales en partenariats concrets, susceptibles de soutenir l’investissement, le transfert de compétences et le développement du tissu industriel malien.

La participation de la délégation malienne au Forum économique et humanitaire Russie-Afrique s’inscrit précisément dans cette dynamique de diversification des relations économiques et de recherche de nouveaux débouchés pour les entreprises nationales.
Mandiou Simpara a, en outre, appelé les opérateurs économiques des secteurs agricole, commercial et industriel à renforcer leur solidarité, à mutualiser leurs efforts et à s’impliquer davantage dans la construction de l’économie nationale.
Le secteur privé au cœur de la souveraineté économique



Au-delà de son caractère institutionnel, cette audience met en lumière un enjeu fondamental pour l’avenir économique du Mali : faire du secteur privé un véritable moteur de croissance, d’investissement et de création de richesses.
Dans un contexte marqué par la recherche d’une plus grande autonomie économique, la consolidation du partenariat entre l’État et les entreprises nationales apparaît comme une condition importante pour accélérer l’industrialisation, développer les filières agricoles, promouvoir le contenu local et renforcer la compétitivité de l’économie.

À Moscou, en marge du troisième Sommet Russie-Afrique, le dialogue engagé entre le Chef de l’État et les représentants du patronat malien donne ainsi une dimension économique concrète à la participation du Mali à ce rendez-vous international. L’ambition est claire : faire des partenariats extérieurs des instruments au service de la production nationale et inscrire le secteur privé au premier rang de la dynamique de souveraineté économique du Mali.
Mamadou COULIBALY
EchosMedias
